GR20 Corse en 8 jours du Nord au Sud – Partie 2

La suite de la partie n° 1

Day 5 : de l’Onda à Capannelle: 1600m D+ et 1400 m D-

Main dans la main jusqu’au bout quoiqu’il arrive ? Retour sur cette triste matinée où ma Bleuette a dû abandonner.

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Encore un jour avec deux étapes (Onda – vizzavona – capannelle) 1600m de positif et 1400m négatif.

9ème étape : de l’Onda à Vizzavona : 711m D+ et 1221 m D-

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Première montée et Marion souffrait de la hanche (chute de la veille). Au sommet, jour de chance j’ai trouvé des boites de conserves abandonnées (hum mais c’est du poids en plus pour le sac !) !

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La vue est splendide

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Puis grosse descente pendant 1200m de dénivelé négatif, sous la chaleur, une très longue descente… Marion allait de moins en moins bien.

Nous avons passé la cascade des Anglais mais sans nous baigner à cause de nos ampoules qui risquaient de ne pas apprécier. Vu l’état des pieds un bain en pleine journée n’était pas très recommandé.

10ème étape : de Vizzavona à Cappanelle : 890m D+ et 224m D-

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Arrivée à Vizzavona, trop contente, nous venions de passer la partie sud, ça se fête (un petit Resto ? Euh non on sort le réchaud et on se cuit du riz avec des conserves (que j’ai trouvé le matin en haut d’un col)).
Peu de temps après avoir entamé la deuxième étape de la journée, Marion m’annonçait qu’elle ne continuera pas plus loin. La hanche + les ampoules (on souffrait énormément des pieds avec des ampoules qui augmentaient de jour en jour, marcher 10-11h par jour ne favorisait pas la guérison, bien au contraire) auront eu raison d’elle. On s’est rencontré à l’athlétisme, on connaît la souffrance et l’abandon n’est pas dans nos gènes, et je sais qu’en prenant cette décision c’est vraiment qu’elle est allée au bout et qu’elle souffre trop. Très très dur de la voir partir mais je continuais pour elle.

Nous avons un peu refait les sacs. J’ai pris la décision de ne pas prendre le réchaud et ustensiles puisque c’était trop lourd, je préférais ne pas m’encombrer.

Ce n’était plus main dans la main que j’avançais mais dans le cœur...

Cette étape n’a franchement pas été simple pour plusieurs raisons :

  • j’étais triste ;
  • plus on descendait dans le sud plus il faisait chaud, donc autant dire que faire des cols sous le caniard, ce n’est pas très agréable
  • beaucoup de parties en forêt et ce qui me donne la motivation c’est de voir de beaux paysages, ce qui n’était pas le cas en l’espèce.

Malgré tout, j’ai quand même bien avancé car Antoine et Dimitri m’ont rejoint seulement sur la fin de l’étape (ils s’étaient arrêtés pour se baigner dans la cascade de la première étape de la journée). Cela m’a vraiment fait du bien de les voir.

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Je suis arrivée à Cappanelle en fin de journée sans elle, et lorsque j’ai enlevé mes chaussures de rando et regardé mes pieds en sang, je me suis mise à pleurer... Je n’arrivais plus à m’arrêter. En fait, je me suis dit que pour moi aussi cela allait être compliqué de terminer ce GR20 vu l’état de mes pieds

Douche froide… (alors que j’avais vu sur la pancarte « douches chaudes »), c’était donc une autre douche froide haha, et pas de shampoing (pour changer !). D’autant plus que j’ai appris au diner qu’il existait vraiment des douches chaudes !!

Les gars se sont vraiment bien occupés de moi. Nous avons trouvé un coin sympa pour poser ma tente, ils étaient mes deux gardes du corps (ils dormaient à la belle étoile). J’ai dormi comme un bébé.

Day 6 : de Capannelle à Usciolu : 1600m D+ et 1300 m D-

5h45 : tu ouvres les yeux puis la tente et face à toi s’offre un ciel magnifique avec différentes nuances de rose et le soleil qui commence à se lever, tu restes quelques minutes à le contempler. Tu ne penses plus à rien, juste qu’à cet instant tu te dis que tu as de la chance d’être la…

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Bon ce n’était pas le tout, il fallait aussi penser qu’aujourd’hui j’avais encore deux étapes à faire !
Marion n’était plus là, par contre les gars étaient la pour s’occuper de moi.

Antoine m’a fait mes bandages pour les ampoules, mon infirmier remplaçant ! On petit dej face au lever du soleil, j’avais tellement besoin de manger.

Puis c’était parti !

11ème étape : de Capannelle à Prati : 890m D+ et 590 m D-

A partir du moment où je me suis retrouvée avec les gars nous sommes partis de plus en plus tard. Si je me souviens bien, ce jour ci, vers 7h30 (autant dire super tard !!).

Je suis partie quelques minutes avant eux le temps qu’ils rangent leurs affaires et je savais qu’ils allaient me rattraper. 15min plus tard Dimitri me rattrapa mais sans Antoine (eux aussi n’étaient pas partis ensemble…) !

On se demandait vraiment où il était passé ! En fait, il avait pris une variante, donc en suivant d’autres traces que le GR20, la variante prolongeait l’étape de 6h. C’était pour nous la seule solution possible de sa disparition en regardant le topo guide.

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Bref nous avons quand même avancé avec Dimitri.

Cette étape n’était pas passionnante, pas mal de plat et en forêt (donc dur pour moi car je ne pouvais pas penser à autre chose que mes pieds, heureusement que Dim me racontait des blagues).

Elle se terminait par l’ascension d’un col sous la grosse chaleur…et au sommet, pas de vue puisqu’il y avait une brume de chaleur.
Pause dej au refuge de Prati, vue sur mer avec les chevaux qui galopent, le temps de recharger les batteries.

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Nous ne voyons toujours pas Antoine arriver. J’ai expliqué à Dimitri que je devais continuer car je ne pouvait pas me permettre au niveau du timing de faire seulement une étape, on avait 8 jours pas un de plus. Sauf que Dimitri et Antoine avait partagé des affaires, il devait donc attendre Antoine, ce qui voulait dire qu’ils allaient sans doute devoir dormir à Patri ce soir-là (dans l’hypothèse où Antoine avait fait la variante avec 6h en plus). Du coup j’ai dû repartir seule…

12ème étape : de Prati à Usciolu : 700m D+ et 747m D-

J’ai eu de la chance car deux belges qui étaient aussi avec nous depuis le début me proposaient d’échanger avec l’un d’eux mon gros sac.

C’était donc reparti pour la seconde étape de la journée avec un sac léger !

 

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Etape magnifique sur les crêtes, quasiment tout le temps vue sur mer, cela m’a fait énormément de bien de faire une étape magique. Rien que de regarder des paysages magnifiques m’a fait oublier que j’avais énormément mal aux pieds

En plus, au tout début de l’étape j’ai rencontré Francisco, un mec super sympa, qui faisait le GR20 seul en total autonomie, avec qui j’ai fait toute cette étape. Une belle rencontre.

 

Et quelle surprise !! Avant la dernière grosse descente, on s’était posé pour admirer la vue et qui vois-je au loin ? Antoine et Dimitri !! En fait, il s’était rendu compte de son erreur au bout de 30min de marche et avait préféré faire demi-tour plutôt que la variante !!

Trop trop contente de les voir !

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Arrivée au refuge Usciolu, qui est situé à flan de falaise, un gros plat de pâtes m’attendait (j’avais dit aux belges de m’en commander un comme ils allaient arriver avant).

Bon accueil (pour une fois!), on goûte la myrthe, alcool local ! Douche plus que froide, une séance de cryothérapie gratuite, franchement c’était horrible j’avais tellement pas envie de me doucher ! Bien évidement, la question du shampoing ne se posait même pas !

Le soir, bonne ambiance avec jeux de carte, bien entourée puisque j’étais la seule fille.
12 étapes sur 16, on voyait bientôt la fin !

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Day 7 : de Usciolu à Asinau : 1000m D+ et 1200 m D-

Avant dernier jour !

Magnifique réveil en sortant de la tente en s’imprégnant de toutes ces belles images. Nous n’avions pas de confort mais franchement se réveiller avec des paysages incroyables tous les matins, c’était le luxe…

Petit déjeuner face aux montagnes…

Ensuite vînt le moment beaucoup moins agréable, faire mes pansements puis mettre mes chaussures ! Je ne vous épargne pas les détails : Antoine décidait de m’enlever un de mes compide, car lorsque je mettais mes chaussures j’avais horriblement mal. En l’enlevant, un liquide verdâtre se dégageât…oh mes pauvres pieds… ils ne m’appréciaient vraiment pas à ce moment là !

Allez c’était parti pour les deux étapes ! Ce sont des petites étapes avec 1000m en positif et 1200m en négatif.

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13ème étape : de Usciolu à Matalza : 380m D+ et 640m D-

Première étape effectivement rapide (annoncé 4H25, qu’on a du faire en moins de 4h).

Dimitri était parti devant et Antoine était resté avec moi.

Passage tout d’abord en montagne avec une montée et de la descente. Je crois que c’est ce que je préfère, être en montagne car je peux vraiment m’imprégner des paysages et faire abstraction du fait que je souffre le martyre. En plus avec Antoine on se racontait nos vies, des conneries etc.

 

Ensuite un passage assez plat en forêt avec quelques ruisseaux et cascades. C’est très mignon. Il commençait cependant à faire très très chaud (autour de 30 degrés). J’ai oublié de dire que les premiers jours j’étais en brassière parfois pour marcher car il faisait chaud, sauf que je me suis irritée la peau avec mon sac. J’avais donc des pansements sur les épaules, une vraie éclopée !!

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Au premier refuge, les autres gars étaient déjà arrivés, (les belges, qui m’avaient encore prêté leur sac, Dimitri).

Pause déjeuner bien méritée !

14ème étape : de Matalza à Asinau : 650m D+ et 545m D-

L’étape de l’après-midi me parut bien plus longue sans doute car il faisait très chaud.

Globalement, nous avions beaucoup moins de dénivelé que sur la partie nord, donc c’était des étapes plus simples. Pas si simples non plus puisque nous ressentions la fatigue des jours qui s’accumulait depuis le début et surtout moi avec mes des pieds. Avec la chaleur, je sentais que cela macèrait (bon appétit !).

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Les paysages étaient un peu moins ouf par rapport au nord, car un peu plus plat, donc on va dire que c’est plus monotone. Même si cela reste relatif, c’était quand même magnifique.

Nous avions un col à passer, pas simple. Au sommet, c’était magnifique, nous étions au-dessus des nuages qui se formaient sur la vallée.

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Une longue descente nous attendait… nous voyions le refuge au loin, mais alors très très loin !!

Avec la chaleur, j’ai commencé à saigner du nez (encore !) lors de la descente. Pour encore m’affaiblir… (comme si je ne l’étais pas déjà !).

Dans ce genre de situation (surtout que cela m’arrive assez souvent), ne surtout pas paniquer ! On est resté un petit moment à attendre pour que je puisse me détendre.

En tout cas le gros avantage de ce saignement de nez (toujours voir le positif) a été qu’à la douche je suis passée devant tout le monde car les gens pensaient que j’étais tombée ! Je ne les ai pas détrompés, on pouvait clairement le croire vu que j’avais du sang partout, même sur mes jambes !! D’autant plus qu’il y avait une queue de malade (au moins 1h d’attente, non je n’exagère pas, je ne suis pas marseillaise !).

 


Ne parlons pas de l’accueil au refuge Asinau (qui a brûlé, donc il était sous tente), ni de l’arnaque pour la nourriture. Juste quand même un scandale : demander un plat végétarien, se voir amener une salade, sérieux, je dépensais tellement de calories, je venais de perdre beaucoup de sang et on me donnait une salade avec quasiment que des légumes. Ou alors c’était pâtes natures (même pas un peu de fromage) pour 15 euros…

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Regardons plutôt le paysage qui est incroyable, au-dessus des nuages qui formaient un tapi de cotons…
S’endormir avec cette vue… c’était la dernière nuit sur le GR20…

Day 8 : The last day : de Asinau à I Paliri : 950m D+ et 1200 m D-

Pendant un instant tu repenses à tout le chemin parcouru depuis Calenzana, aux paysages magnifiques, aux belles rencontres, et surtout grosse pensée pour Marion, ma binôme d’amour.

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15ème étape : de Asinau à I Paliri : 950m D+ et 1200m D-

Un départ pas assez tôt car il fallait que je fasse mes bandages pour les pieds (enfin plutôt par Antoine), ce jour là ils me faisaient vraiment très mal. En plus, pendant la nuit Antoine a dû sortir de la tente pour bien la fixer, car nous nous prenions des bourrasques de vent, du coup, énormément de poussière s’était introduit dans la tente. Cela a encore plus infecté mes pieds (nous avons encore dû les désinfecter…).

Pour cette étape il y a deux possibilités :

  • par la vallée, beaucoup plus longue ;
  • par la variante alpine en passant par les aiguilles de Bavela : j’ai choisit cette option même s’il y avait nettement plus de dénivelé, parce qu’elle était censée me prendre moins de temps et parce que j’avais moins mal aux pieds en marchant avec du dénivelé que sur du plat…

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Etape des aiguilles de Bavela que j’avais déjà faite il y a quelques années lorsque j’étais allée en Corse, du coup pas de grande surprise même si c’est splendide.

Passages avec des parties à escalader assez techniques. Les gars m’aidaient un peu avec mon sac.

 

Puis nous arrivâmes à une route, quasiment la première fois en 8 jours que nous croisions des voitures.

Nous sommes passés devant des restaurants, même s’il était seulement 11h, une énorme envie de pizza géante se faisait sentir. Malheureusement je n’avais clairement pas le temps si je voulais finir ce GR20.

Nous continuâmes donc direction le refuge I Paliri… Pour y accéder, pas mal de plat (l’angoisse pour mes pauvres pieds) dans la forêt, autant dire tout ce que j’aime. Les gars racontaient des conneries pour m’éviter d’y penser.

Cependant à un moment j’ai regardé ma montre et là gros dilemme : soit je continuais sachant qu’il restait 5h pour la dernière étape et je ratais mon vol (car il était déjà quasiment 13h), soit je rebroussais chemin et rejoignais la route de Bavella (qui était à 1h30). Sachant aussi que je bossais le lendemain (un lundi) et que j’avais une audience le mardi, donc autant dire que si je ratais mon vol, mes associés m’auraient tué…

Donc décision prise, je fis ma raisonnable en rebroussant chemin en ne faisant pas la dernière étape du GR20. Trop de chance car nous avons rencontré une bande de 9 Messieurs qui se proposaient de porter mon sac jusqu’à Bavela, adorable. Ils m’offraient aussi à manger !

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Arrivée à Bavela un des messieurs qui est médecin a désinfecté toutes mes plaies aux pieds, il se demandait même comment j’avais fait pour pouvoir marcher… Moi aussi je me le suis demandée…

Le lendemain où Marion a abandonné j’ai aussi failli abandonner. Mes pieds étaient ensanglantés, la peau était en train de me quitter à mesure que je marchais.
J’ai oublié la douleur, j’ai profité des paysages magnifiques et je me suis dit « non tu vas au bout, tu le fais pour elle ».

Au final je n’oublierai jamais la phrase d’un des Messieurs de cette bande lorsqu’il a pris mes coordonnées : « j’espère ne jamais avoir de problème mais si vous êtes aussi persévérante avec vos clients que vous l’êtes dans la vie, je voudrais que cela soit vous qui me défendiez. »
J’avais plus de pieds mais j’étais heureuse. Quand je suis sur le point d’abandonner je repense à ce pour quoi je me bats.

Ensuite, j’ai dit au revoir à cette joyeuse bande puisqu’il ne fallait pas oublier le principal : choper mon avion. C’était un peu la course car je devais aller à Figari, donc pas la porte à côté. Malgré ma puanteur et la crasse, j’ai été prise facilement par un couple en stop (j’ai peut-être un peu sali leur BMW haha), qui m’a déposé devant l’aéroport.
Enfin, j’ai retrouvé ma Bleuette à l’aéroport.

Solution lorsqu’on ne sait pas choisir entre plusieurs desserts : en prendre 3 (juste pour moi) et se goinfrer parce que clairement j’ai rêvé de sucre pendant ce GR20 ! En prime croiser une copine rencontrée au Canada avec ses parents à l’aéroport et avoir tellement honte d’être sale et puante (les mouches me tournaient autour !!), ils ont vraiment dû me prendre pour une morphale qui n’avait pas mangé depuis des jours. D’ailleurs j’ai perdu 3kg en 8 jours, alors que j’ai beaucoup mangé, car je sais que j’ai un naturel à maigrir plutôt que de prendre.

 

Le Bilan

Objectif presque rempli en 8 jours avec 180km et plus de 26000m (positif et négatif) de dénivelé et clairement cela n’a pas été facile. Pieds en sang, brûlures, hématomes, fatigue, mais c’est aussi les rencontres, l’entraide, les encouragements et les paysages incroyables. Je pense être allée jusqu’au bout de moi-même en ne lâchant rien même dans la douleur avec les pieds qui souffraient à chaque pas.
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Morale de l’histoire : marcher avec ses chaussures de rando avant de partir sur le GR20. Il y a des jours où j’ai vraiment regretté de ne pas avoir pris mes vieilles chaussures de rando, mais bon cela m’aura servi de leçon…

 

 

 

 

 

5 réflexions sur “GR20 Corse en 8 jours du Nord au Sud – Partie 2

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