La traversée des Pyrénées par l’HRP : Partie 6 : De Pont d’Espagne à la Pierre Saint Martin

Dans la continuité des années précédentes, je repartais arpenter les Pyrénées, encore une fois par l’HRP et une nouvelle fois avec mon petit frère Titouan. Pour rappel, en 2019 : 9 jours de l’HRP de Pont d’Espagne au lac d’Oo (environ 165km, entre 12.000 et 13.000 de dénivelé positif). En 2020 : 6 jours et demi, de Vielha au Mont Calm, 124km, 8650m de dénivelé positif. En 2021 : 6 jours de Eyne à Balnyus 145 km – 7000m de dénivelé positif.

Si vous avez suivi, cette année nous avions le même point de départ qu’il y a 3 ans sauf que cette fois, notre destination n’était plus la Méditerranée mais l’Atlantique.

Le but étant de faire la traversée dans sa totalité par petites portions chaque année.

Jour 1 – Pont d’Espagne à Refuge Wallon

En fait, nous pouvons même dire départ de La Ciotat.

La Ciotat – Marseille – Toulouse – Lourdes en train (2 changements – pas de retard ! Incroyable !!!).

Notre billet allait jusqu’à Tarbes mais quand j’ai vu que le TER allait à Lourdes, nous avons, sans faire exprès…chut… raté notre arrêt à Tarbes et continué pour Lourdes. Etant à côté d’un prêtre dans le train, c’était un signe que notre stop allait bien se passer de Lourdes.

Ce fût le cas. Il était 15h30, nous avions 1h de trajet pour le Pont d’Espagne, le but étant d’y arriver avant 17h. Allions nous y parvenir ?

1er stop assez facile : une dame nous a amenés jusqu’à Pierrefitte Nestalas, à l’intersection avec la route de Cauterets.

A peine sortis de la voiture, un charmant couple s’arrêtait. Leur destination était Cauterets mais, leur ayant fait de la pub pour Pont d’Espagne, ils se sont laissés convaincre… et à 16h45 nous étions au point de départ.

Il y a 3 ans, il faisait beau et 1 milliard de touristes. Cette fois, il pleuvait un peu et zéro touriste.

On savait que ce jour-là il pleuvrait et on pensait même devoir faire du stop sous la pluie.

C’était donc parti avec Titou, on ne change pas une équipe qui gagne !

Pont d’Espagne : toujours aussi beau avec ses superbes cascades et 10 000 panneaux inutiles pour indiquer le téléphérique à 200 m. Il y a un téléphérique qui monte au lac de Gaube, d’où le fait que ce soit touristique.

Aucune indication pour le refuge de Wallon. Pas très compliqué : nous avons suivi le ruisseau, dans la vallée. J’avais déjà emprunté ce chemin sur une partie, la 1ère fois.

Nous avons essuyé quelques belles averses… qui avait eu la bonne idée de garder ses lunettes, au lieu de mettre ses lentilles ? c’est moi haha ! Au moins, cette fois, pas de risque que je les oublie, comme l’année dernière. Du coup, je ne voyais pas grand chose… j’imaginais donc un beau et grand soleil sur ma peau, au lieu de me sentir congelée, à cause de mon Kway qui ne fait plus office d’imperméable !

Bref, ce temps m’a rappelé la Norvège, sans la boue heureusement !

Le chemin est progressif, facile en montant un peu. C’était quand même assez glissant.

En 1h45, nous étions au refuge Wallon que je connaissais, sauf que surprise… je ne l’ai pas reconnu ! Il a été entièrement détruit et reconstruit : un énorme bâtiment qu’on ne peut pas louper ! On dirait un refuge espagnol.

Nous avons trouvé un bon spot pour planter la tente, loin des vaches qui rôdaient dans les environs… on ne se fera plus avoir... (cf l’épisode vaches de l’an dernier).

Il ne pleuvait plus, niquel ! Même grand soleil, voilà, il suffisait de l’imaginer ! Je rigole…

Nous avons dîné, dans la tente, de pâtes préparées la veille. Le refuge n’ouvrait que le lendemain, donc pas possible d’y dîner.

A 20h35, on se demandait bien ce qu’on allait faire, ayant oublié le jeu de cartes.

J’ai donc écrit… et Titou m’a encore ressorti «mais qu’est-ce que tu peux bien écrire, on vient de commencer…» oups, il est 21h00 et on va faire dodo !

Jour 2 – Refuge Wallon (1800 m) – Refuge Laribet (2046 m) : 20 km – 1400 mD+ – 1200 m D-

Toujours aussi matinaux !! haha je rigole… je crois qu’on avait vraiment besoin de dormir car lever 8h30 sous un grand soleil, le top !

Nous avons démonté la tente mouillée puis nous nous sommes installés devant le refuge, pour le petit dej, pour être en plein soleil et faire sécher les affaires.

Triple sandwich beurre de cacahuète (maintenant Titou fait comme moi, je suis une influenceuse haha).

A 9h45, go !

Nous avons commencé le parcours par une belle montée agréable et progressive. C’était sublime, nous étions seuls. Passage par les magnifiques lacs de Cambales. J’adore l’effet miroir sur l’eau, trop fan…

Le reste de la montée était dans la caillasse et très raide.

On était content d’arriver au col de Cambales (2700 m) avec vue extraordinaire sur les 2 versants : celui qu’on venait de monter avec les multiples lacs et celui qu’on allait descendre aussi dans la caillasse.

Mais avant, on a pique-niqué, tout en laissant sécher la tente et nos affaires mouillées de la veille et en prenant un peu notre temps.

Grosse descente abrupte dans la caillasse, tout ce que j’aime haha !

Passage à Port Saint Martin (2200 m).

Ensuite la descente je la connaissais car j’avais déjà fait une rando dans ce coin. Je savais que c’était une pente longue mais roulante. Plus nous descendions, plus nous croisions du monde (des Français car avant c’était plutôt des Espagnols : signe distintif, ils sont bruyants !).

Durant la descente, nous avons observé un isard et son bébé ainsi que de nombreuses marmottes.

Bifurcation pour rejoindre les chutes de Dumblas.

A la fin de la descente, il était déjà 16h, nous avons fait une pause fruits secs qui nous a redonné de l’énergie pour la dernière montée (500 m D+).

Le panneau pour le refuge de Larribet indiquait 1h45. Nous sommes donc partis à 16h15 pour une montée bien raide où l’on a grave transpiré, je sentais le sel dans mes yeux

Franchement, c’était beau mais très long, surtout qu’à un moment, nous avons vu le refuge qui ne paraissait pas si loin…

A 17h30, enfin le refuge (2040 m) ! On était KO… ça faisait du bien d’arriver… c’était superbe !

Nous avons trouvé un spot pour la tente, puis changé pour un meilleur emplacement car trop de crottes de bouquetins !

Petite douche ou appelons plutôt cela une séance de cryothérapie ! Au début, j’ai même eu du mal à mettre mes pieds, puis le corps s’est habitué et j’ai kiffé ma douche face aux montagnes.

Petite pause au soleil et pile au moment où ça s’est couvert, il était temps de dîner au refuge.

Très bon, avec une tablée d’Espagnols plutôt sympas.

En sortant, vue incroyable sur les montagnes… ou pas… un brouillard si dense qu’on voyait à peine notre tente !

J’ai cassé mes lunettes de soleil ! En plus, en marchant, je me suis dit mais pourquoi j’ai pris celles-ci… elles ne sont pas du tout pratiques… du coup je vais tester avec un seul verre !

On peut dire que tous les ans j’ai un problème de lunettes !

Il était 21h dans la tente, nous étions installés assez loin du refuge et nous entendions les Espagnols rigoler !!!

Jour 3 : Refuge Larribet (2046 m) – Refuge Arremoulit (2270 m) – en passant par le Pic du Palas (2976 m) : 10 km – 1000 m D+ – 700 m D-

Réveil après 10h de sommeil, sous un grand ciel bleu. J’avais mis le réveil à 7h45 mais il n’a pas sonné. Heureusement que Titou m’a réveillée à 7h55 pour le petit dej du refuge.

Comme d’hab, nous étions les derniers à partir à 9h45 haha ! Toujours aussi matinaux… on a commencé par une montée, à l’ombre, jusqu’aux lacs de Batcrabère que je connaissais déjà.

Puis nous avons continué jusqu’aux lacs de Micoulaou et il a fallu trouver le chemin dans un pierrier, pas simple mais nous avons réussi.

Une belle montée dans la pierre, avec vue sur tous les lacs, sublime.

On a rencontré des Hollandais, quasiment les seuls de cette portion.

Au port du Lavedan (2612 m) vue de folie sur les 2 versants, pas simple de passer car il a fallu laisser les sacs tellement c’était abrupt ! Titou s’est occupé de les récupérer.

Nous venions de passer en Espagne.

Puis énorme pierrier pour atteindre une intersection et, joie, laisser les sacs !

C’était ensuite parti pour l’ascencion du Pic Palas : dans la caillasse au départ pour atteindre le début de la cheminée Ledormeur. Franchement, je n’étais pas sereine car très abrupte, c’était de l’escalade. Je n’étais surtout pas sereine, car nous n’avions pas de casque… on a croisé un Espagnol, il nous a dit qu’il y avait des chutes de pierre mais quasiment plus personne au sommet. Pour une fois, ça avait du bon de partir tard car presque tout le monde avait fait le sommet le matin.

J’ai quand même eu peur dans cette cheminée mais je suis contente d’être arrivée au bout et d’avoir vaincu ma peur du vide.

C’était juste extraordinaire, vue de folie… et nous n’étions pas encore au sommet !

Une dernière portion de montée se terminant par un peu d’escalade et waou incroyable, c’était fabuleux. Les montagnes étaient toutes dégagées, tellement beau, on voyait bien l’Ossau.

Pic Palas (2976 m) : le plus haut sommet du Béarn. Pour avoir vécu 3 ans dans le Béarn, il était temps que je le fasse… on a profité de la vue en mangeant une barre, on n’avait toujours pas mangé et il était 14h !

J’en ai profité pour envoyer un message à l’amoureux, seul endroit où je captais. Comme chaque année je fais une détox téléphone, qui fait beaucoup de bien…

Nous avons attendu un peu pour la descente que les Espagnols montés au sommet redescendent. C’était les derniers, on ne risquait plus de chute de pierres…

Nous les avons rattrapés au niveau de la cheminée et, en groupe, nous avons entamé la descente et je n’ai pas eu peur du tout ! et aussi incroyable que cela puisse être, les Espagnols étaient silencieux haha… ils se sont bien rattrapés en bas de la cheminée !

Nous sommes vite redescendus de la caillasse pour retrouver nos sacs et surtout manger !

Nous étions en Espagne donc à l’heure espagnole : 15h haha

Bon repas de tous les midis : pain, saucisson, fromage.

Direction le col du Palas (2517 m) : encore un pierrier ! Puis la descente par encore un pierrier… à la fin on en avait un peu marre des pierriers !

Arrivée vers 16h30 au lac d’Arremoulit et au refuge : superbe vue. Je connaissais ce lac, j’y étais allée avec une copine et je m’étais baignée !

Cette fois également petite baignade et j’ai trouvé l’eau très bonne. J’en ai profité pour me laver hihi…

Il y avait déjà pas mal de monde au refuge mais on a trouvé un emplacement plutôt sympa et plat et après la baignade, nous avons monté la tente.

J’ai dit à Titou : «tu ne trouves pas que ça sent la merde ?» «ah si». Nous avions un beau coin caca juste à côté de notre charmant campement ! J’ai donc dégagé la merde avec une pierre, recouvert le tout avec des fougères (méthode Gabrielle : niquel, ça ne puait plus !)

Nous avons dîné dehors à 18h45 au refuge, vue sublime et trop cool !

Une bonne tablée : notamment un Monsieur qui faisait la traversée des Pyrénées par l’HPR (c’est rare) et une mamie avec son petit fils (trop mignon qu’elle l’emmène dans un tel endroit).

Même repas que la veille, pas très original en refuge.

Une fois le soleil couché, il faisait bien froid mais avec une belle luminosité.

Le lendemain, grosse étape donc un lever tôt ! Si le réveil sonnait haha…

En attendant, à 21h30, il était temps de dormir.

PS : nous avons encore vu isards et marmottes.

Jour 4 : Refuge Arremoulit (2270 m) – Refuge Ayous (1985 m) : 22 km – 1500 D+ – 1700 D-

Réveil difficile à 6h50 (oui le réveil a bien sonné) car trop tôt, nous avions mal dormi, l’odeur de merde ayant refait surface (ma technique n’était sans doute pas la bonne) et nous avions eu très chaud.

On s’est quand même fait la réflexion que c’est bien de se lever tôt car les lumières sur les lacs étaient magiques.

Petit dej au refuge : un peu rat sur le pain mais mention spéciale car beurre salé !

Miracle du jour : à 8h30 nous étions partis, incroyable, du quasi jamais vu !

C’était cool, il faisait frais, température idéale pour marcher et le soleil commençait à sortir des montagnes, sublime.

J’avais déjà fait 2 fois le tour des lacs en rando à la journée donc je connaissais un peu mais, à chaque fois, le paysage change avec la lumière ou la saison. La dernière fois, il avait neigé.

Petite montée rapide pour se mettre en jambe puis passage d’Orteg avec cordes et, surprise, j’ai croisé un pote de Pau Triathlon qui partait pour le sommet du Balaitous. Le passage se fait facilement même avec de gros sacs.

Très belle vue sur le lac d’Artouste et l’Ossau puis sur le lac d’Arrious.

Ensuite, longue descente (800 mD-) très belle et progressive et, pour une fois, pas dans la caillasse, à la fin en forêt.

Nous avons vite avancé car, à 10h20, nous étions en bas, au caillou de Soques (1500 m).

J’ai fait ma guide touristique en indiquant le chemin à une dame et ses enfants. Elle avait l’air complètement paumée… et j’espère qu’à l’heure où j’écris (18h30) ils sont bien arrivés au refuge d’Arrémoulit…

C’était reparti pour une montée, d’abord dans la forêt puis en prairie, trop beau et il commençait à faire chaud.

Encore une fois, nous n’avons pas du tout mis le temps indiqué au caillou pour atteindre le refuge de Pombie (2h30) et nous 1h30.

Le refuge est à 2034 m. Belle pause dej de 12h15 à 13h30. On s’est un peu enflammé mais on était tellement bien face à l’Ossau, au soleil, tranquillou dans l’herbe. Nous avons discuté avec un couple qui nous ont passé de la crème solaire car Titou et moi-même avions pris de vieux fonds de crème, comptant l’un sur l’autre pour en apporter… raté ! Donc quasi plus de crème solaire et ça tapait bien, encore plus côté gauche comme nous allions toujours vers l’ouest, comme le soleil…

Au dej, Titou est un peu le mec Koh Lanta du riz ! mais au lieu de compter les grains de riz, il limite en tranches de saucisson (à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin, seulement 2 tranches par personne !)

Il était temps de repartir pour encore une montée, difficile car en pleine digestion et chaleur.

Arrivés au col de Peyreget (2300 m) très très proche de l’Ossau et j’ai repensé à l’ascension de ce beau sommet, il y a 2 ans.

Qui dit montée et col dit descente… dans un grand pierrier… puis progressivement la prairie avec les vaches, chevaux et moutons avec leurs cloches, aussi bruyants que des Espagnols !

Bifurcation vers la gauche pour continuer la descente qui est devenue de plus en plus raide.

Arrivés à 1600 m d’altitude, on n’en pouvait plus de cette descente usante.

Petite pause car la journée n’était pas terminée mais on en voyait le bout, ou presque.

Pour changer, comme nous avions bien descendu, il fallait remonter : direction le lac Castérau. Les 500 m de dénivelé se sont fait sentir… la fin de la journée était rude

J’étais déjà venue sur cette rando, à la journée, avec le tour des lacs d’Ayous.

Le brouillard et les nuages montaient, c’était sublime, j’adore les mouvements dans le ciel et l’Ossau jouait à cache cache. Heureusement d’ailleurs qu’il n’y avait pas de soleil car on aurait eu trop chaud.

Après le lac, encore un peu de montée… et la journée était terminée !

Passage le long du lac Bersau et, pour finir, une petite descente dans le brouillard, en distinguant à peine le refuge d’Ayous. Il était 17h et nous étions rincés…

On a trouvé un spot rapidement car à Ayous, endroit ultra touristique, il ne fallait pas traîner, même un dimanche soir.

La douche fut rude, dans un ruisseau, sans soleil… je pensais être tranquille dans le brouillard sauf qu’à un moment il s’est dissipé… et deux mecs se sont bien rincé l’oeil !

Dîner avec une famille, un père et ses 4 filles, très sympas et, ouf, nous avions un menu différent de la veille et l’avant-veille.

Ensuite magnifique soirée de notre spot sur les hauteurs, à regarder le va et vient des nuages sur l’Ossau et le lac Gentau : meilleur spot jusqu’à présent et une bonne odeur en plus haha.

En me levant pour faire pipi en début de nuit, le ciel était plein d’étoiles et l’Ossau complètement dégagé, magique…

Jour 5 : Refuge d’Ayous (1985 m) – Refuge d’Arlet (1986 m) : 24 km – 1200 m D+ – 900 m D-

A 6h30, j’ai ouvert les yeux et la tente, vue de folie sur le lac et l’Ossau avec le lever du soleil.

Puis dodo jusqu’à 7h30… par contre à cette heure, on était dans le brouillard.

Petit dej du refuge : mention spéciale pour le beurre salé, en plus ma marque préférée ! vous savez, le rouge paysan breton…

A 9h00, nous étions sur le départ, et progressivement l’Ossau et le lac se sont dégagés. Franchement, c’était juste sublime et on a eu de la chance car ce moment n’a pas duré très longtemps mais on en a profité.

Du coup, bah en fait, on est parti à 9h20 !

Direct en montée, très petite car seulement jusqu’au col d’Ayous (2180 m).

Les nuages s’étaient de nouveau invités sur le lac, nous étions donc au-dessus des nuages.

A partir de ce moment, nous n’avons quasiment croisé personne sur notre parcours, contrairement à la veille, mais des personnes qui nous ont été précieuses et des animaux dont on se serait bien passé…

Longue descente vers le refuge Lary qui est plutôt un refuge pour moutons…

Il faisait assez beau et nous allions vers les nuages. Le paysage a complètement changé, beaucoup de pins, moins rocailleux.

Au niveau d’une cabane, dans une plaine, nous avons aperçu au loin 2 chiens et un patou avec son troupeau de moutons. En nous approchant, le chien noir est accouru vers nous en aboyant, vraiment on a eu peur…

Du coup, on a bifurqué en descendant un peu plus en aval du chemin… plus de peur que de mal !

Nous avons continué notre descente dans la forêt et nous sommes remontés, toujours dans la forêt, c’était agréable, il ne faisait pas trop chaud.

Puis une longue descente en traversant des plateaux.

Nous avons décidé de manger peu de temps avant d’arriver à la route du col du Somport à 13h.

En étudiant la carte et mon appli, j’étais dubitative sur le fait qu’on puisse se ravitailler comme indiqué dans le topo de Veron (en même temps, il date de plus de 30 ans !)… c’était un peu problématique car à partir de ce jour, nous ne dînions plus en refuge… il allait donc falloir se rationner encore plus (Titou allait compter les grammes de pain !).

A la fin du dej, un couple avec enfants est passé et je leur ai demandé s’il y avait une épicerie au Somport, hélas non ! On leur a donc expliqué notre problème et ils nous ont indiqué une fromagerie en bas (le fromage étant ce qui nous restait le plus). Trop gentils, ils nous ont donné leur pain (4 tranches), chacun un cookie et des pêches… franchement trop sympas les Vendéens. Cela nous a rassasié un peu et fait du bien au physique comme au mental !

Bref, on retiendra que les Vendéens ont le coeur sur la main !

Nous avons rejoint la route pour acheter du fromage (600 g en plus pour Titou). Je crois que niveau fromage on était pas mal, surtout qu’il en restait 2 gros morceaux !

Peut-être qu’un soir nous serons contraints de faire un dîner «fromage en folie» !

Comme la rando continuait sur la route, nous avons fait du stop, avec encore une fois, des personnes trop gentilles.

Nous étions à 1400 m d’altitude, eh oui, nous avions bien descendus mais la journée n’était pas terminée.

Direction le refuge d’Arlet qui est en travaux donc impossible d’y dîner.

Une montée en forêt, comme c’était devenu nuageux, nous n’avions pas chaud.

Puis progressivement, nous sommes montés dans la belle montagne ocre que nous voyions de loin en descendant le matin, superbe même sous les nuages.

Nous étions vraiment seuls, c’est ouf !

Vous voulez savoir ce que ça fait d’être une vache et avoir 10 000 mouches qui vous tournent autour ? Faites de la rando et puez !

Lorsque nous avons atteint 1900 m, nous sommes restés plus ou moins à la même altitude, à marcher dans de grandes prairies. Qui dit prairies, dit endroits parfaits pour les moutons…

Il était déjà presque 17h, nous commencions à en avoir un peu marre et froid… mais qu’avons nous vu au loin ? Non pas un mais 5 patous ! avec beaucoup beaucoup de moutons…

Dans cette atmosphère mystérieuse, un peu lugubre et seuls face à ces bêtes, nous avons avancé en silence, pas sereins, en laissant beaucoup de distance !

Nous les avons passés sans difficulté et nous avons tracé pour arriver au lac d’Arlet un peu avant 18h.

Le moment drôle et cocasse arrive ! Après cette longue journée, on a toujours envie de faire un brin de toilette mais il n’y avait pas de rivière, juste le lac un peu vaseux et ocre du fait de la roche. J’ai beaucoup hésité à aller au lac mais, finalement, je me suis dit que j’avais vraiment besoin de me «doucher».

Premièrement, il faisait froid, nous étions dans le brouillard.

Deuxièmement, le lac était froid.

Troisièmement, le lac était un traquenard total car c’était comme des sables mouvants, j’en ai perdu une tong… je me suis enfoncée jusqu’au mollet, j’ai eu du mal à m’extraire plus ma tong que je ne retrouvais plus… bref, un moment où je me suis dit «vivement ma douche» !

Le plus amusant : une Anglaise (une des seules tentes du lac) me regardait (en doudoune) en m’applaudissant de m’être «baignée»… du coup qu’a-t-elle fait ? ni une ni deux, la même chose à poil !

Titou a trouvé une méthode beaucoup plus pratique: il a rempli la bouteille d’eau.

Le soir, repas de fête dans le froid et le brouillard : mousse de thon avec moitié de pain et orgie de fromage ! on dira presque que les repas en refuge nous manquent.

Titou m’a fait un massage des cuisses, j’ai eu tellement mal. Le corps est quand même une belle machine car la veille, à la fin de la journée, je me demandais comment je pourrais marcher le lendemain. Le lendemain, on se sent en forme et en fin de journée, on se demande la même chose, puis finalement on repart !

Jour 6 : Refuge d’Arlet (1986 m) – Plateau de Sanchez (1100 m) : 23 km – 800 m D+ – 1400 m D-

Réveil magique, vue sur le lac avec le reflet du soleil sur les roches ocres, vraiment un beau réveil. De plus, nous ne voyions pas du tout le lac de la même manière que la veille (un peu sinistre), là c’était féérique.

Petit dej sandwich beurre de cacahuète le retour !

A 9h30, c’était parti sous un grand soleil ! Toujours aussi matinaux…

La première partie se faisait sur les crêtes avec une belle vue, surtout voir l’Ossau aussi loin alors que nous y étions 2 jours plus tôt. Roche ocre, vraiment j’adore.

Passage du col de Saoubathou (1949 m). En fait, c’est plutôt plat avec de petites montées/descentes et c’est très roulant.

Chemin très agréable, ça nous changeait de la caillasse.

Petite montée vers le col de Pau et, en chemin, lors d’une pause, nous avons rencontré 2 Palois. On papotait un peu et on leur disait, notamment, qu’on allait être contraint de descendre au village de Lescun pour se ravitailler. Un des messieurs nous a donné une baguette, vraiment trop gentils ces Palois, peut-être parce que je leur ai dit que j’ai vécu à Pau.

Du coup, pas besoin d’aller à Lescun, on avait plus ou moins assez jusqu’à la fin !

Au col de Pau (2042 m), nous sommes passés en Espagne, un chemin semi balisé, en descente, que l’on a perdu plusieurs fois. On a pris le chemin des vaches, du coup elles nous ont suivis, elles devaient nous apprécier !

On a descendu pas mal pour ensuite faire une pause dej, ça va on a pu manger la moitié d’une demie baguette… du coup, j’ai mangé 2 snickers, il fallait bien les finir et m’alléger.

Nous avons vu sur la falaise une équipe de chasseurs alpins espagnols.

Encore un peu de descente, il faisait vraiment chaud. Quand on a attaqué la montée, il n’y avait pas d’air, la chaleur était suffocante. Nous nous sommes souvenus de l’année dernière quand nous avions subi la canicule à la fin !

De toute façon, à chaque fois que je fais des tronçons d’HRP en Espagne, il fait toujours chaud, encore plus qu’en France.

En tous cas, c’était magnifique, avec la vue sur les aiguilles d’Ansabère.

Dans le montée, petit stop au lac de la Chourique vraiment superbe et nous avons pu nous rafraîchir. En 2 secondes, on était déjà sec.

Petite montée et nous avons repassé un col versant français, autour de 2000 m.

Descente free style dans les gispets et parfois sur les fesses, car nous n’avons pas trouvé le chemin, sauf à la fin…

Arrivés à la cabane d’Ansabère (1570 m), c’était censé être notre point de chute sauf qu’en parlant la veille, on s’était dit qu’on arriverait assez tôt et qu’on pourrait continuer car les randonneurs croisés nous ont indiqué qu’à partir du mercredi (soit le dernier jour) il y aurait de l’orage.

Il valait donc mieux avancer dans la journée du mardi, il n’était même pas 16 h et la cabane ne faisait pas rêver… on aurait planté la tente dans la merde de moutons

Du coup, on a continué mais c’était long… une longue piste en descente avec plein de petits cailloux… en plus il faisait bien chaud avec quand même une partie à l’ombre.

On descendait vraiment dans la vallée, à 1000 m. On devait faire une partie sur route, sous le cagnard, on a fait du stop sur 2/3 km et heureusement car aucun intérêt de marcher sur la route plate.

On est reparti d’Anapia et encore une fois sur une piste.

J’ai trouvé la marche interminable et il faisait vraiment chaud.

A 18 h, nous étions au plateau de Sanchez et à la cascade, les gens s’en allaient.

Il y avait beaucoup de nos amies les vaches.

Pour notre dernière soirée, allions-nous faire un remake de l’an dernier ?

Nous avons trouvé un spot mais avant de planter la tente, nous avons préféré attendre, l’expérience haha

Douche dans la rivière, elle était glacée, j’en ai eu mal aux pieds… heureusement, en sortant, il y avait toujours du soleil.

Finalement, les vaches se sont éloignées progressivement de notre coin et on a pu planter la tente.

Petit pique-nique du soir pour notre dernière soirée, royal, la fin du pain qui datait d’une semaine, du fromage et une tranche de saucisson haha

C’est possible qu’avec ce régime spartiate j’ai perdu du poids…

Dodo comme d’habitude, il faisait chaud donc on a prévu de se lever tôt, pour la dernière journée, et éviter les orages.

Jour 7 : Plateau de Sanchez (1100 m) – Pierre Saint Martin (1600 m) : 21 km – 1500 m D+ – 900 m D-

Réveil à 7h, encore une fois sous le ciel bleu.

C’était parti pour la dernière journée, après avoir dormi 9h30… il n’y a vraiment qu’en montagne que je fais cela…

Dernier petit dej, remplissage des gourdes dans la cascade. La veille, même si elle était proche, on avait eu la flemme d’y aller haha.

A 8h30, on partait, oui c’était tôt mais, par rapport à la forte chaleur, pas assez tôt !

Départ dans une grosse montée, très raide, heureusement qu’elle était un peu en forêt.

Peu de temps avant d’arriver à la cabane d’Anaye, nous avons bifurqué vers la droite, sur une espèce de chemin.

En fait, il y avait une multitude de chemins, donc on a un peu perdu notre chemin… à un moment, nous étions dans une grosse montée raide et nous nous sommes rendu compte que ce n’était pas le bon chemin… un chemin de vaches ou de moutons haha… on a dû redescendre dans la broussaille.

Un peu galère de trouver le chemin, surtout avec la fatigue des derniers jours, on peut vite se déconcentrer.

Passage à côté d’une cabane, on avait tellement chaud et pourtant à ce moment-là, on ne montait pas trop, c’était plutôt plat avec des petites montées/descentes.

On a croisé des troupeaux de moutons mais pas d’incident.

Au niveau de la cabane du cap de la Baitch (sans y descendre), on a récupéré le vrai chemin du GR. A partir de là, ça a commencé à monter sévère, il faisait de plus en plus chaud, je sentais que je manquais d’énergie, j’avais plus de mal que les autres jours à avancer. Peut-être aussi car nous mangions moins le soir qu’en refuge.

Progressivement, nous nous sommes retrouvés dans la caillasse.

Il y avait quelques cairns pour nous repérer, avec des parties où il fallait mettre les mains. Nous avons mangé rapidement, tout ce qu’il nous restait, c’est-à-dire quasiment plus rien.

Peu de temps après, nous avons laissé les sacs au début de l’ascension du sommet qui se fait en aller/retour. Quel bonheur ! Il nous restait un peu plus de 300 m D+ à faire, on avait presque l’impression de voler haha ! Presque… car il faisait tout de même chaud !

L’ascension s’est faite plutôt rapidement, c’était juste sublime, toute cette roche, ça m’a fait penser aux Dolomites, trop trop beau…

Pic d’Anie pour bien terminer ce séjour, c’est une variante de l’HRP mais c’eut été dommage de ne pas le faire… il est à 2504 m.

Au sommet vue de folie et surtout sur le chemin parcouru !

Très drôle : au sommet une fille vient à ma rencontre en me disant «je te connais, je te suis sur insta» haha. Titou m’a dit «mais quelle star» !

Descente assez rapide jusqu’à nos sacs.

Il nous restait très peu d’eau, d’ailleurs au pic d’Anie, nous avions dû demander de l’eau car nous étions complètement desséchés !

Reprise des sacs, ça ne m’avait pas manqué…

Ensuite, nous étions en plein cagnard, dans la caillasse, pendant au moins 1h, l’horreur…

On n’en voyait pas le bout… surtout que ce n’était que montées et descentes.

J’ai pris mon temps car, avec la fatigue, je sais que ma cheville peut facilement tourner.

Nous étions en plein dans les Arres d’Anie, sans air, tellement étouffant… on savait que c’était la fin mais pas complètement.

Ensuite, descente un peu herbeuse, on était soulagé d’être sortis de l’enfer ! Même si c’était magnifique.

A la fin de la descente, nous avons suivi une piste de ski, ça nous a paru très roulant !

A 16h30 nous terminions ce magnifique périple, avec les jambes un peu lourdes…

On a pu se recharger en eau à la Pierre Saint Martin, ça nous a fait trop de bien !

Les nuages orageux arrivaient, timing vraiment parfait pour terminer !

Nous avions eu 6 jours de folie, quelle chance niveau météo !

Conclusions

6 jours – 125 km – 7500 m D+ – 6800 m D-

Une magnifique aventure partagée avec mon petit frère, de sublimes paysages, des cailloux, encore des cailloux, du fromage sans pain, de l’entraide, de la déconnexion, un peu de fatigue, de la chaleur, bref on veut déjà repartir, après avoir pris quelques douches et shampoing…

Vivement l’an prochain !

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