La traversée des Pyrénées par l’HRP : Partie 2 : Les 4 derniers jours

La suite de mes aventures pyrénéennes (première partie Ici). Cette fois en totale autonomie et avec Clément, un copain traileur. En effet les 5 premiers jours l’HRP suivait le trajet du GR10, donc il y avait pas mal de refuges, par contre à partir d’Heas, l’HRP était différent du GR10, donc très peu de refuges mais des cabanes.

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Day 6 : D’Héas à Parzan. 1500m D+. 1400m D-. 29km .

IMG_4679Réveil à 7h. Clément qui devait faire les 4 derniers jours avec moi devait me rejoindre à 7h30. 8h, il n’était toujours pas là. Moi qui suis toujours, mais alors toujours ponctuelle, je commençais à m’impatienter !! Autant dire que lorsqu’il est arrivé, je n’étais pas des plus agréables… d’une part parce qu’il était en retard et que j’aurais pu dormir 30 minutes de plus, d’autre part car il était censé m’amener mon petit déj et quand je n’ai pas pris mon petit déj je suis de mauvais humeur. Mais il a su se rattraper par la suite… Heureusement il m’avait préparé mes tartines Nocciolata et du jus d’orange pressé.

Allez, il m’a chargé à fond mon sac de bouffe (« maman c’est bon, je ne vais pas maigrir, pas besoin de m’acheter du nut à mon retour en Bretagne, non je rigole !!! »). Bref après 5 jours de trek, je n’avais plus de nourriture et là j’étais rechargée à bloc (Clément l’était plus, surtout qu’il portait la tente). Et surtout, il m’a amené un sac avec mes affaires propres, grand grand luxe de pouvoir être propre niveau fringues à mi-parcours !! Le craquage du short de la veille tombait à pic, en fait c’était fait exprès, je savais que j’allais en avoir un nouveau, tout propre et pas troué !

C’est pas le tout, mais une grosse journée nous attendait en commençant pas une grosse montée. Il faisait beau, c’était top et toujours aussi magnifique.

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En gros, en l’espace d’une montée, nous sommes passés de 1500m à 2600m d’altitude à Hourquette d’Héas. Une bonne montée mais qui s’est faite rapidement et pas difficile. Au sommet, Clément qui connait les Pyrénées françaises comme sa poche, m’a décrit tous les sommets aux alentours, top d’être avec un connaisseur. Bon aujourd’hui j’ai déjà plus ou moins oublié les noms !!

Nous sommes repartis, une descente, puis une remontée (Hourquette de Chementas : 2430m). Au fait, Hourquette veut dire col.

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Nous étions au-dessus des nuages, sublime. Encore une descente, puis une petite montée pour arriver aux lacs de Baroude. Franchement très très beaux, des petits ilots, une eau turquoise… Lieu idéal pour déjeuner non ? D’autant plus que le lac est entouré de montagnes avec des névés, et surtout Clément m’avait préparé un sandwich. Dis comme cela, on se dit « ouais bon c’est un sandwich quoi, qu’est-ce qu’elle vient nous prendre la tête avec ça ». Et bien, parfois en rando, un rien peut nous faire du bien, car il n’est pas sans rappeler qu’en rando nous avons le minimum donc la plupart du temps certaines choses de notre vie nous manque. En tant que bonne bretonne, à votre avis qu’est-ce qui me manquait beaucoup ??? Le beurre salé !!!!! Clément avait donc préparé un sandwich beurre salé (il aurait pu s’arrêter là, j’aurais été toute aussi contente haha), saumon, fromage (trop bon), salade, gros plaisir de la vie quoi !!

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En pleine forme pour repartir de plus bel avec une montée.

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Hourquette de Baroude (2535m), ça y est nous étions en Espagne !! Vamos à hablar espanol hora, si si !! Bon c’est peut être mieux qu’on s’en tienne au français non ??…

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Très belle vue sur le lac, on se serait cru dans des fjords. Vraiment c’était mon 6ème jour et j’étais toujours autant éblouie…

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Petit aparté : il faut savoir que nous avions fait le choix de passer par le versant espagnol (car il y a un autre passage de l’HRP par le versant français), on s’était dit qu’aller en Espagne pouvait être sympa (le temps est souvent meilleur), d’autant plus que Clément ne connaissait pas du tout (il peut se balader dans les Pyrénées françaises presque les yeux fermés alors autant qu’il puisse découvrir un nouveau coin également).

Grosse et longue descente, presque 1000 D- d’un coup. Clément, que j’ai surnommé « yeux de lynx » m’a montré des isards au loin, mais alors vraiment très très loin, il porte bien son surnom tellement il voyait tout !!

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A la fin de la descente, je commençais à en avoir marre, surtout que ça faisait presque 8h que l’on marchait.

Plat descendant dans la prairie, puis de la forêt. Là c’était plus chiant, car pas de vue et la fatigue se faisait sentir, plus mine de rien, le poids du sac non négligeable !

Mais c’était loin d’être terminé !! Que ne fut pas la surprise d’arriver à l’Hospice de Parzan (en gros notre but de la journée) pour ne rien trouver, encore moins de l’eau, que nous n’avions plus du tout !!

Alors vient un passage génial et très intéressant : marcher le long de la grande route. Clément m’a dit un truc très juste : en même temps sur une traversée, il n’y a pas que des passages ouf, parfois il faut bien marcher sur une route pour rallier un autre versant. Je voulais faire du stop, mais ça aurait été tricher et ne pas faire la voie normale de l’HRP. Alors nous avons trouvé un compromis : stop si nous devions aller dans le centre de Parzan pour trouver de l’eau (y aller nous aurait fait faire un détour, car pas sur l’HRP).

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Au final, nous n’avons pas eu besoin de stop car nous sommes arrivés à notre bifurcation et il y avait une seule habitation !! Comme à Pékin express nous avons demandé un logement pour la nuit… hahha évidemment que non, Clément ne portait quand même pas la tente pour rien ! Ok du porte à porte mais pour l’eau ! Ce fût rapide vu qu’il y avait qu’une seule maison !! « Hola, por favor, Tienes agua ? » Voilà mes restes d’espagnol…

La dame, très gentille, nous a rechargés en eau !

Puis avec deux autres français que nous venions de rencontrer, nous avons trouvé un logement pour la nuit : une grande étendue d’herbe entourée de montagnes, idéal pour planter la tente.

Pendant que Clément montait la tente (honneur aux hommes haha), je suis allée me doucher ! Chez la dame ? euh non… une bonne douche… naturelle. Cryo garantie dans la petite rivière à côté de notre campement, très agréable. Se passer un coup d’eau fait trop de bien avec une grosse journée comme celle que nous venions de passer.

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Ensuite, préparation du repas. On s’est dit (enfin j’ai fait cette réflexion), que plus on mangerait, moins on aurait sur le dos le lendemain (oui oui j’étais déjà prête  à tout manger, à partir de là, Clément m’a surnommée la « morfale »). pâtes chinoises, sardines, fromages, compote, tisane, voilà notre premier repas, vraiment pas mal.

 

J’ai donné des cours d’étirement à Clément, olala ces traileurs, ils ne doivent pas s’étirer souvent ! En tout cas, on a bien rigolé !

21h50, hop extinction des feux.

A un moment je me suis levée pour pisser, un ciel constellé d’étoiles, magnifique…

Day 7 : De Parzan à Anes de Cruzes. 1900m D+. 1500m D-. 28km .

IMG_47397h, la nuit fût très bonne, dodo comme un bébé. Bon pour Clément beaucoup moins, apparemment j’ai pris toute la place (oups) !!

Petit déj, changement d’ambiance, je n’avais plus de sandwiches beurre de cacahuète mais au nocciolata.

Rangement de la tente, etc, puis nous sommes partis vers 8h. Les deux mecs qui campaient au même endroit étaient déjà partis depuis au moins 2h !

Longue montée, pas difficile mais monotone en forêt où l’on ne voyait pas grand-chose.

Au bout d’un moment, jolie vue sur un barrage puis sur les montagnes.

On continuait de grimper pour arriver au Collado d’Urdiceto (2300m). Nous manquions déjà d’eau car nous n’avions pas pu en prendre le matin et en discutant avec un monsieur, il nous a dit que le refuge un peu plus haut était fermé et qu’il n’y aurait possiblement pas d’eau. Alors il nous en a donné un peu, trop gentil de sa part surtout qu’il faisait vraiment chaud (en Espagne température plus chaude qu’en France et d’ailleurs cela se voyait au niveau de la végétation, beaucoup plus sèche, ce qui voulait dire moins de précipitations).

Nous sommes quand même allés au lac du refuge un peu plus loin, au moins pour vérifier qu’il n’y avait pas d’eau. J’ai laissé mon sac au col, bonheur de marcher sans poids !!

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Le lac d’Udiceto valait vraiment le détour, trop trop beau. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai pensé à la Nouvelle Zélande et un endroit où nous étions allées courir à mon arrivée (red rocks), avec les roches rouges/roses. En plus, il n’y avait personne.

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Après c’était reparti pour une grande descente. Très beau, descente progressive, pas difficile. Progressivement une végétation avec des sapins et petites cascades.

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A un ruisseau, Clément a chargé ses gourdes en eau. Personnellement, j’ai préféré ne pas en boire, un peu dubitative. Bon il n’est pas tombé malade !

Ensuite pause déj. Je l’attendais avec impatience. La morphale selon Clément !! Bon c’est un peu vrai mais aussi parce que je ne voulais pas revenir amaigrie (cf GR20 -3kg en 8 jours) et surtout le plus important, plus on mangeait, moins on avait de poids sur le dos !! Petit festin : pain fromage (trop bon, du vrai de chez nous), saucisson, et en dessert : snicker, miam miam.

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Ensuite c’était reparti ? bah oui il fallait bien…

Longue descente sous la chaleur, dur dur… Avec des petites montées de temps en temps. A ce moment-là, je n’avais plus d’eau et il restait au moins une heure avant de se ravitailler au refuge. J’ai regretté de ne pas avoir pris l’eau du ruisseau et de mettre une pastille pour traiter l’eau, c’était trop tard… (il faut laisser agir 2h).

Nous avons aperçu au loin un campement, youpi de l’eau !! Je crois que j’ai bien dû boire ½ litre d’un coup !!

Nous repartions sur du plat et une dernière montée avant d’atteindre le refuge de Viados (1700m). Très beau refuge, dommage cependant qu’il soit accessible en voiture (il y a un parking à 5minutes à pieds de là…), du coup comme d’habitude, du monde autour du refuge, mais personne sur la rando.

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Ce jour-là, nous avions une étape de 8h, sauf qu’il était seulement 15h30, nous avions bien avancé, malgré la variante et la pause déj de plus d’une heure.

Du coup nous avons fait une petite pause au refuge face au Posets (2ème plus haut sommet des Pyrénées), sommet majestueux. Recharge à fond en eau et c’était reparti pour un peu plus d’une heure de marche..

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C’était agréable cette partie, mieux que les autres de la journée.

Sur cette portion : du faux plat montant. A la fin une dernière petite montée qui faisait mal aux pattes après tout ce que l’on avait fait dans la journée…

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Nous arrivions à Anes Cruzes (environ 2000m) et trop drôle nous retrouvions les messieurs trop sympas de la veille (normal qu’ils étaient déjà là en partant à 6h du mat !!). Nous avons essayé de trouver un spot de campement, mais ce ne fût pas une mince affaire, des roches et des trous partout !!

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clément qui essayait d’enlever les roches

Pendant que Clem continuait de chercher (encore une fois, honneur aux hommes haha), j’ai trouvé le spot parfait pour se laver à la cascade (chacun ses recherches !!). Seule, à poil, le top (juste cascade très froide, mais ça a fait du bien au corps) ! Après une journée à transpirer sous la chaleur, à avoir les pieds ultras crades, le bonheur. Je me suis même permise de me sécher au soleil, il était 17h30 et c’était encore bien agréable.

J’ai retrouvé Clément qui m’a porté mon sac pour descendre un peu dans la vallée. Il avait trouvé un spot, avait monté la tente (bon j’ai peut-être été un peu longue à la douche du coup oups…) et avait même eu le temps de monter un barrage pour le vent. Ok c’était plat et sans cailloux mais très venteux. Je lui ai dit qu’on allait trop trop mal dormir, qu’on risquait de s’envoler (hahah je n’exagère pas du tout, on est tous les deux des poids plumes quand même !). Du coup, nous n’avons pas eu d’autres choix que de changer de camp. Démontage de la tente, rangement des affaires et on remontait la côte pour trouver un autre spot… Au final nous avons atterris à l’endroit juste à côté des messieurs, l’endroit initial que j’avais repéré… Tout cela pour faire un peu plus de kilomètres et de dénivelé, ce n’était pas comme si nous n’avions pas assez marché !!

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premier campement
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2nd campement
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soupe du soir..

 

Bref, remontage de la tente, préparation du diner. Dîner digne d’un restaurant étoilé : petite soupe vermicelle avec du thym trouvé au campement, du thon fraîchement péché de la rivière (ou pas, juste porté par nos soins !!), puis du lyophilisé (très nourrissant). « On se partage un snicker en dessert » ? « allez c’est la fête, un chacun, on l’a bien mérité !! ».

 

Pendant le dîner, nous avons discuté avec les deux messieurs, Paul et Christophe. Devinette, vous faites quoi dans la vie ? L’un je pensais trop qu’il était militaire. Quand j’ai dit cela, son pote a trop rigolé « tu n’es clairement pas la première à le dire ». Au final, rien à voir, ils étaient tous les deux profs de SVT. Comme quoi les apparences sont souvent bien trompeuses…

Et moi ? « Alors comme tu fais beaucoup de sport et que tu voyages beaucoup, un boulot avec pas mal de temps, comme nous, prof ? ». Haha non raté. Au contraire, un boulot prenant qui nécessite de se défouler… Bon ils n’avaient pas trouvé…

Bonne ambiance, ils font tous les ans une partie de la traversée et on s’est donné des petits tips de randonneurs.

Ciel très beau, lieu de bivouac clairement magique… Enfin, je vais peut-être revoir mon jugement lorsque je dormirais sur un gros caillou !!

J’ai essayé d’inciter les gars à des étirements mais ils n’ont pas voulu !!

Puis dodo… en trouvant une position et ne plus bouger sinon c’était cailloux en plein dans le dos. Je devais être bien crevée car les cailloux ne m’ont absolument pas dérangé pour dormir (et je n’ai pas dérangé Clément en le poussant vers la toile de tente, du coup il a bien dormi aussi !!).

Day 8 : D’Anes de Cruzes à Lac des Isclots. 1500m D+. 700m D-.

7h réveil. Ouvrir les yeux, sentir un caillou et bouger d’un millimètre, ouvrir la tente, se réveiller face aux montages et se sentir tout petit…

En plus nous étions seuls, nos deux camarades étant déjà partis.

Petit déj, Clément m’a proposé du thé, mais non je restais fidèle à mon eau chaude (la base quoi !!).

Rangement de la tente, et hop à 8h nous étions partis.

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Comment bien finir de se réveiller ? Faire une monter de 700m D+. Mais pas une montée progressive, non non une montée bien raide et sèche dans de la caillasse très glissante…

 

 

Nous avons bien grimpé car à 9h30 nous étions en haut (Puerto superior de Aigues Tortes : 2680m). Pour le kiff, nous avons laissé nos sacs pour monter sur les crêtes un peu plus haut (oui oui nous avons des kiffs bizarres !!). Nous étions à plus de 2700m avec une vue incroyable sur le Posets.

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Ensuite, grosse descente, pareil bien raide et glissante (heureusement que j’avais changé de chaussures en troquant mes baskets contre mes grosses qui me faisaient bien mal aux pieds).

Une petite descente prairie agréable et facile.

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D’ailleurs nous étions de nouveau en France et comme en Espagne les jours précédents, il faisait beau et chaud.

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Petite montée, puis petite pause vue sur la vallée.

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Petit crochet par le lac de Pourcheges (2100m), pas ouf ouf ce lac, on a vu mieux (« ca y est la fille commence à devenir blasée », je vous vois venir. Lisez la suite vous verrez bien que pas du tout !)

Ensuite, il y a eu un long contournement de la montagne, faux plat montant qui n’en finissait pas, en plus grosse chaleur, il devait être 12h… En tout cas c’était vraiment beau, avec des crevasses dans la falaise.

Il a fallu descendre de nouveau, une descente glissante et poussiéreuse. Franchement à ce moment, je commençais à en avoir marre, limite manque de force et le petit déjeuner était déjà bien loin (même si j’avais pris des fruits secs durant la matinée). Je savais aussi qu’au bout du 8ème jour, forcément le corps donnait des signes de faiblesses, il était fatigué et je sentais que j’avais un peu maigri. Du coup, comme je n’ai pas de réserves, dès que je commençais à avoir faim, je me sentais faible.

Et après une descente, il y a quoi ?? Une montée !! Pas énorme et c’était drôle car nous étions passés sur des anciens rails de train. A ce moment-là, j’ai dit à Clém qu’il fallait que l’on s’arrête pour que je mange un petit truc (des graines et fruits secs). Cela m’a fait du bien et nous avons continué la dernière montée, avec des escaliers.

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Trop happy d’arriver au lac de Caillauas (2150m), d’une part parce que le lac était très beau, grand et entourée de belles montagnes et d’autre part car nous allions manger (encore l’occasion d’alléger un peu le sac, oui oui je me répète !).

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Nous avons trouvé un endroit à l’ombre, sous le pont du barrage (dit comme cela, ça fait un peu clodos, au contraire, nous avions le lac face à nous et presque pour nous seuls, à ceci près qu’un couple s’est mis pile dans notre champs de vision !).

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Comme la veille, pain, fromage, saucisson et en plus pâté. En dessert à votre avis ? Un snicker (en entier !!).

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la base

Après le déj et en plein dans la digestion c’était reparti pour la dernière montée de la journée. J’ai rechargé mon eau dans un torrent en mettant une pastille. Une très belle montée, raide et caillouteuse mais derrière vue sur le lac et en face vue sur les pics du lendemain… Franchement très beau. Okay il faisait chaud et pas facile mais dans ce genre de moment on s’imprègne juste des paysages fabuleux, rien d’autre n’a d’importance…

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Par contre plus d’eau, et bouche très sèche. J’ai donc dû boire avant que la pastille ne face de l’effet. Cela ne m’a pas rendu malade..

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Arrivée incroyable, vue de folie sur le lac des Isclots (2400m), avec une petite île au milieu et les montagnes magnifiques tout autour… Vraiment canon !!! C’est le plus beau lac de mes 8 jours, une vraie merveille…

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Nous avons failli nous faire piquer la place de bivouac par un père et ses deux enfants à cause d’une photo (bon okay peut être pas qu’une !!), donc j’ai à moitié couru (c’est fou parfois comme on peut avoir un regain d’énergie !).

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Un campement parfait, on ne pouvait pas rêver mieux pour un dernier soir…

Il était seulement 15h30, du coup Clément est parti courir ( oui oui il y a plus fou que moi !!!), en tant que traileur, faire une petite ascension de 1000m de D+ en plus ce n’était rien pour lui !!

Pendant ce temps, je suis allée chercher l’eau au ruisseau, une activité dite « normale » après 1500m de D+ dans la journée…

Mais surtout, je me suis baignée (du coup c’est peut-être pas une activité normale haha, surtout quand on sait que le lac est situé à 2400m d’altitude…). Lorsqu’on est arrivé au lac, j’ai dit à Clem : c’est sûr je vais sur la petite île tout à l’heure. Et qui dit île, dit nage pour y accéder…

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Alors ni une ni deux, je suis rentrée dans l’eau, et franchement elle n’était pas si horrible. J’ai nagé rapidement pour atteindre l’île, déambuler dans les herbes qui piquaient pour finir par poser mon caillou sur le seul cairn au milieu de l’île et faire un vœu… C’était quand même pas n’importe quel cairn, très peu de monde avait dû y aller vu le peu de cailloux…

La famille de toulousains m’a clairement prise pour une dingue (non juste une bretonne !), « nous en dessous de 28°c ce n’est pas possible sérieux, rien que de mettre les doigts de pieds, ce n’est pas possible »…tandis que je faisais des allers/retours haha. J’en ai profité pour me laver un peu et me poser ensuite pour sécher.

Vraiment magique cette baignage, j’ai adoré et ça clôturait bien cette avant dernière journée (en plus se baigner à 2400m c’est quand même la classe…).

Clément est revenu, « tu n’as pas monté la tente » « haha je n’ai pas eu le temps, trop occupée ». Montage de tente, installation pendant qu’il me racontait son repérage (il était déjà monté au pic de 3000m du lendemain…) en me précisant que ça allait être costaud…

Alors au dîner, nous avons fait une razzia, un peu comme en soldes « tout doit disparaitre » ahaha, autant s’alléger du dos, peut-être pas le ventre du coup… Nouilles chinoises, thon, lyophilisés. Compote et barres. De quoi être en pleine forme pour la dernière journée…

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Le bivouac était vraiment extra, le meilleur depuis le début… Surtout que la lumière rose du coucher de soleil sur les montagnes environnantes était magique… Petite nostalgie de me dire que le lendemain c’était déjà la fin !! Il s’est passé tellement de choses en si peu de temps et à la fois c’est passé trop vite… Un dernier soir top top, on n’a pas tous les jours la chance d’avoir ce genre de paysage fabuleux.

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Ps : Clément m’a dit ce soir-là : n’oublie pas de mettre dans ton carnet un truc important : tu dois dire que je te surnomme « la princesse » (je ne comprends pas pourquoi hahaha). Et moi comme vous le savez déjà « yeux de lynx », également « la machine » (le mec ne s’arrête jamais, pire que moi !!).

Day 9 : Du lac des Isclots à Grande D’astau : 1200 D+ – 2000D-

Contrairement aux deux autres nuits en tente, pas super bien dormi, un peu mal au ventre, ce qui m’a obligé à me réveiller en début de nuit. Malgré tout, au réveil je savoure chaque moment car c’est le dernier jour… A la fois contente que cela se termine, car je sens que mon corps est fatigué, mine de rien, 9 jours c’est intense, surtout avec les charges des derniers jours… Mais à la fois je suis nostalgique que ça se termine déjà, c’est passé tellement vite, j’ai vécu tellement de choses incroyables, folles, l’aventure comme j’aime.

Bref ce matin, en prenant mon dernier sachet de pain nocciolata écrasé, j’ai contemplé le lac dans lequel je me suis baignée la veille, j’ai admiré les rayons de soleil se lever sur le pic que nous allons franchir dans quelques heures à peine… Pendant que Clément s’activait en démontant la tente. Du coup j’ai arrêté de contempler et je me suis activée aussi.

Nous nous étions levés plus tôt afin de faire un sommet à plus de 3000m d’altitude et surtout de ne pas arriver trop tard en bas, car après la rando une autre aventure nous attendait, mais j’y reviendrai…

A 7h30, nous étions prêts à décoller et c’était parti pour une belle et grande montée.

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Tout d’abord une montée un peu raide pour atteindre un premier lac. Au petit matin, il n’y avait personne. J’ai envie de dire, comme d’habitude en fait, car je ne l’ai peut-être pas dit assez, mais mis à part dans les refuges, sur les sentiers (ou quand il n’y en avait pas, entre les cairns), nous ne croisions clairement pas grand monde… Tellement magique, vue sur le lac de notre bivouac également, ils nous paraissait déjà loin.

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Ensuite, une montée plus difficile, dans la caillasse pure et bien raide (c’est là qu’on s’est dit qu’on avait bien fait de ne pas partir à la frontale le matin…), enfin Clément le savait déjà vu qu’il avait fait cette montée en courant la veille (j’ai clairement trouvé plus fou que moi haha). La montée était encore à l’ombre donc plutôt agréable.

Passages sublimes de névés en faux plat montant, nous étions en tee shirt et sur la neige, gros gros contraste, mais quel kiff. J’étais émerveillée par ces paysages et il n’était même pas 9h alors autant dire que je n’étais pas au bout de mes peines.

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Arrivée au col des Gourgs Blanc (2817m), waw waw waw, je n’ai pas de mots tellement c’était beau sur les deux versants…

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Nous avons laissé les sacs pour faire l’ascension du Pic de Gourdon (3034m). Qu’on se le dise, monter sans sac, c’est comme rouler avec un vélo carbone après avoir roulé avec un vtc (ceux qui font du triathlon comprendront !!). En gros en même pas 20 min nous étions au sommet, avec des sessions un peu escalade, mais rien à voir comparé à l’escalade du Vignemale…

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Au sommet, un couple venait d’arriver, ils étaient à leur 20ème jour de la traversée des Pyrénées, et tenez-vous bien, le mec transportait une guitare (déjà un sac en autonomie totale c’est lourd, alors avec en plus une guitare, n’en parlons pas !). Bref vue de dingue dingue au sommet, complètement émerveillée par tout, à la fois des sommets enneigés, les lacs que nous avions croisés pendant la montée, une mer de nuage au loin, le Vignemale (ascension du 3ème jour) très très très loin. En admirant l’immensité, je me rends compte du chemin parcouru, nostalgie de réaliser que c’est la fin, que bientôt je vais retrouver la vie normale et redescendre en ville (au final on est tellement bien en montagne…).

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Dans la descente, Clément a couru, pas moi, me faire une cheville le dernier jour, non merci !!

Nous avons repris les sacs, c’est fou comme on s’habitue vite à ne plus rien porter et c’était parti pour une descente à pic dans la bonne grosse caillasse et pierraille, puis une partie dans la neige en passant à côté d’un lac bleu, incroyablement magnifique…

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De nouveau une montée dans la neige, il fallait être bien prudente pour ne pas dévaler en arrière et atterrir directement dans le lac bleu (la baignade dans l’eau froide de la veille m’avait suffi je pense !!).

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Encore une autre montée dans la caillasse et raide, à force de remonter on était à 2900m d’altitude, c’est là que je me suis dit que la descente finale allait être longue. Au sommet de cette dernière montée, d’un côté vue sur le pic de Gourdon du matin, et du lac glacé (un autre lac que le lac bleu) et de l’autre, vue sur le lac du Portillon et sur la vallée que nous avions à descendre.

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Grosse descente, un peu relou car des cairns partout, donc pas de chemin et dans les roches. A ce moment-là j’avais vraiment bien mal aux pieds. En fait ça faisait depuis le début du jour, à cause de mes grosses chaussures de rando que je déteste (vraiment je les hais, dès que je les mets, elles me font mal aux pieds), mais bon j’ai pris sur moi et je n’ai pas pensé aux ampoules (enfin presque !). Du coup, cette descente m’a saoulée, en plus je commençais à avoir faim (comme dirait Clément la morfale se réveille !).

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Arrivés au refuge du Portillon (2570m), nous avons mangé ce qui nous restait, à savoir, du pain dur, du fromage un peu écrasé, un reste de saucisson, des graines, une barre et le dernier snicker ! Dernier picnic dans un lieu magique au bord du lac du Portillon vraiment joli.

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Il a fallu reprendre la route… car une grosse grosse descente nous attendait. Il faisait une chaleur. La première partie de la descente n’a pas été facile mentalement, mes pieds me faisaient tellement mal et macéraient dans mes chaussures. A un moment je suis même tombée, un peu mal mais juste des égratignures, c’était le signal de mon corps pour me faire comprendre qu’il était fatigué… J’ai pensé, allez dans 20 min au prochain refuge, tu enlèves tes chaussures, alors j’ai avancé. Je me dis que j’ai vraiment été forte sur le GR20 car je n’avais pas d’autres chaussures et l’état de mes pieds était vraiment dans un plus piteux état.

Au refuge d’Espingo (1950m), j’ai tout de suite enlevé mes chaussures, et trop marrant un espagnol a vu sans doute que je n’étais pas au top, il m’a donné une mangue. Je lui ai dit d’où je venais, depuis le départ de mes 9 jours, ça lui a semblé très très loin. Bonheur de mettre mes baskets, même si je sais que ce n’était pas la meilleure idée car il restait quand même un bon bout de descente et Clément m’avait précisé que c’était une descente glissante car beaucoup de passage, donc avec la fatigue c’est là que je pouvais me faire mal en basket.

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Ensuite, vins le moment le plus pénible des 9 jours, une descente avec une foule de touristes. Franchement en 9 jours sur les randonnées, quasiment personne, ici, une foule, limite l’autoroute, et encore sur cette partie de la descente ce n’était rien par rapport à l’après.

Car arrivés au Lac d’Oo (1500m), c’était pire que la tour Eiffel aux heures de pointes (bon j’exagère à peine).

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on ne voit pas tous les touristes heureusement

Clément m’a dit, « alors tu vas voir, là nous avons environ 45 minutes encore de descente pour arriver au parking final, et nous allons doubler je parie sur 47 personnes ». Comme j’en avais un peu marre de la descente (au final 2000m en négatif), compter les gens que nous doublions nous a clairement occupés !! Je n’ai pas vu la descente passer et surtout on a bien rigolé en voyant des touristes en stan smith, en crooks, en haut à paillettes (ils se sont cru dans un défilé de mode ou quoi ?), tandis que nous étions en mode dégueulasse, sans douche à zigzaguer entre eux ! En tout tenez-vous bien, nous avons doublé 136 personnes sur une toute petite portion de la journée, sachant que le matin sur les sommets nous avions croisé en tout et pour tout, 4 personnes. Voilà !!!

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finito

Alors sur ces 136 personnes une d’elle allait bien nous prendre en stop pour récupérer nos voitures à plus de 150 km de là non ?

Évidemment !!! Et vous connaissez mes talents de stoppeuse !! Clément était vraiment dubitatif sur la fiabilité du stop, moi j’étais sereine, même si nous puions. Il pensait qu’on allait rentrer à plus de minuit chez nous (sachant que nous venions de terminer à 15h30).

Un couple charmant nous a pris en stop, ils nous ont déposés. J’avais à peine eu le temps de ranger ma casquette dans mon sac qu’un petit monsieur s’arrêtait de suite pour nous prendre et nous déposer au péage. Enfin, la blague quand même est que nous avons été pris en stop par un taxi (oui oui c’est bien vrai), le client a dit au taxi de s’arrêter pour nous déposer à Lourdes. Conclusion de l’histoire ? Il y a vraiment des gens adorables dans ce monde, il faut juste savoir s’entourer de ces bonnes personnes

Et la vraie conclusion de ces 9 jours ?

Trop hâte d’être l’année prochaine pour repartir de là où j’ai terminé et continuer cette traversée magique. Je pense qu’il n’est pas nécessaire de faire un dessin ou de s’appesantir sur ce que j’ai pensé de ces 9 jours, car cela transparait dans mes écrits et mes photos, j’ai tout simplement adoré…

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Il y a eu des jours seule et d’autres jours en bonne compagnie (être seule tout le long m’aurait sans doute permis de plus développer ma technique pour parler aux animaux à force de ne pas parler haha, donc autant dire que c’était chouette d’être accompagnée). Les jours seule m’ont permis de réaliser certaines choses qui se passent dans ma vie, il y a eu des bas dernièrement, où je me suis beaucoup prise la tête. Quand on est là-haut (il n’y a pas de bas possible non ???!!), parfois à plus de 3000m, on se sent toute petite, on se sent bien, on a l’impression que rien ne pourra nous arriver et mine de rien on se sent protégée, et paradoxalement vulnérable. Peut-être que j’ai été vulnérable ces derniers temps, peut être que des vieux démons sont réapparus, peut être que j’ai réalisé qu’ils seront toujours là au fin fonds de moi-même. Mais j’ai surtout réalisé que je méritais d’être heureuse et de vivre toujours et toujours à 2000%, de faire les choses que j’aime et de ne plus jamais laisser une personne me rendre malheureuse…

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2 réflexions sur “La traversée des Pyrénées par l’HRP : Partie 2 : Les 4 derniers jours

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