Le plus difficile à gérer : une blessure

Athlètes, triathlètes, professionnels ou amateurs, nous sommes tous confrontés au moins une fois dans notre vie de sportif à une blessure. Ce n’est jamais facile à gérer tant physiquement que psychologiquementLa plus grosse souffrance n’est pas l’entrainement intensif mais de ne plus pouvoir s’entrainer…

Pour ma part j’ai subi deux grosses blessures dans ma petite vie de sportive, la première m’a énormément fait grandir et m’a beaucoup appris… J’ai donc envie de vous en parler pour que si cela vous arrive vous puissiez les gérer au mieux.

Juste pour rappel, j’ai toujours fait du sport depuis toute petite (13 ans de danse et 6 ans de natation entre autres) et j’ai commencé l’athlétisme il y a 5 ans.

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championnats Régionaux de cross 2017

Ma première blessure

C’était en octobre 2016 et cela a duré 3 mois… 3 mois c’est très très long, surtout que la situation personnelle dans laquelle j’étais n’a pas amélioré les choses.

Comment est-ce arrivé ?

Après mûre réflexion, cette blessure était logique.

D’abord, en juillet 2016, en marchant, je me suis tordue la cheville droite, sans la soigner (oui le lendemain, je courais de nouveau), première grosse erreur.

Puis, comme j’étais en méga forme après l’été, j’ai enchainé 3 courses sur 3 week-ends différents mi-septembre – début octobre :

  • 1ère course : un 12km
  • 2ème course : mon premier trail de 23km avec 1500D+ (dont clairement je n’étais pas assez préparée étant donné que je m’entrainais sur Paris donc pas de dénivelé). Avant la course j’étais dans un état d’esprit « j’y vais tranquillou, j’ai les championnats de France de semi-Marathon le week-prochain ». Tu parles, mon esprit de compétitrice a pris le dessus et j’ai suivi pendant toute la course une traileuse (enfin elle m’a lâché pendant la descente). Au final, pour un premier trail j’étais dans les premières nanas, donc le « tranquillou » est clairement passé à la trappe…
  • 3ème course : Championnats de France de semi-Marathon. Autant dire que c’était la course de trop non ?!

Deux semaines plus tard, je ne pouvais plus courir…

Oui je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, en gros, j’en ai trop fait. Je n’ai d’une part pas guéri ma mini entorse à la cheville et d’autre part j’ai été à mon max pendant 3 week-ends. Mon corps m’a dit STOP Gabrielle, et il avait bien raison de me donner une belle leçon !

Comment me suis-je guérie ?

Juste après mon semi-marathon, j’ai commencé à avoir mal au genou droit. Mon coach m’a conseillé d’aller directement voir un kiné car d’après la douleur, il semblait que j’avais le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, communément appelé syndrome de l’essuie-glace (blessure très fréquente chez le coureur).

A partir de là, j’ai passé 3 mois, très difficiles d’autant plus que je commençais tout juste à travailler en tant qu’avocate dans un cabinet de l’enfer (harcèlement avec associé dingue, et horaires de malades…). Rentrer dans la vie active dans ces conditions n’est clairement pas joyeux, encore moins quand on est blessé et que mon exutoire principal est de courir, ce que je ne pouvais pas faire…

J’ai commencé par voir une première kiné, les douleurs ne passaient pas. Puis on m’a conseillé de faire des ondes de chocs autour du genou, je suis donc allée voir un second kiné.

A 6h45 du matin, je prenais le vélib, à 7h, j’étais chez kiné (car le soir impossible, j’avais dû annuler plusieurs rendez-vous à 20h30 car coincée au cabinet), à 8h30 j’étais au boulot.

A 22h, quand je sortais du taff je faisais mes entrainements de reprise, passionnante ma vie ?!

Avec ce rythme, en un mois et demi, j’avais perdu du poids, 3kg (pas le temps de manger), ce n’est pas comme si j’avais à en perdre, et je désespérais de recourir un jour. J’avais même du mal à aller voir mes potes du club sur le stade Charlety lorsque j’allais à la muscu (on avait une salle de muscu à disposition, où tous les blessés se retrouvaient haha), parce que ça me faisait de la peine de voir le stade sans pouvoir gambader.

J’ai donc décidé de démissionner de mon cabinet, mais mon associé a négocié pour que je continue encore 1 mois et demi. J’ai donc lâché du lest en partant à des heures correctes.

A partir du jour où j’ai pris ma décision de partir du cabinet les choses ont commencé à aller mieux (même si ça a quand même continué 1 mois et demi). Je pense clairement que ma blessure était aussi psychologique, mon kiné m’a dit une chose très vraie « vous êtes stressée de l’intérieur, je pense que le jour où vous quitterez votre cabinet d’avocats de l’enfer, vous irez mieux ». Ça a été le cas !!

Donc les choses qui m’ont permis de guérir :

  1. séances de kiné 2-3 fois par semaine ;
  2. beaucoup beaucoup d’étirements conseillés par mon kiné pour étirer mon TFL et de renfo. (avec rouleau massage) ;
  3. comme mon kiné savait que c’était très dur pour moi de ne pas courir, j’ai eu des exercices de reprises : 1min course – 1min marche, pendant 10min, si pas de douleur, je pouvais augmenter de 5min la fois d’après. Si douleur je devais diminuer de 5min. Ainsi de suite jusqu’à atteindre 1h30 (oui oui je faisais vraiment cela à 22h) ;
  4. muscu 2 fois par semaine, j’y ai même pris un peu goût ;
  5. vélo et natation. Heureusement je pouvais faire d’autres sports, et ça tombait bien car je venais de m’acheter un vélo (pour le triathlon), donc même en hiver, j’ai pu rouler. Seulement le week-end car avec mon rythme de travail c’était impossible en semaine.
  6. mon entourage. Ma maman que j’appelais quand j’avais un coup de déprime (et j’en ai eu beaucoup), mes amies qui ont vraiment été là (je repense à Marion et Julie qui venaient me faire des blagues après leur entrainement lorsque j’étais à la muscu et qui ont couru pour moi lors du premier cross de la saison en se faisant des petits tatoo « Gaby »), et mes autres amies qui se reconnaitront ;
  7. quitter mon cabinet d’avocats.
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les meilleurs qui ont couru pour moi lors du premier cross de la saison…
Qu’est ce que j’ai appris de tout cela ?

Oh j’en ai appris des choses de cette blessure :

  • prendre soin de son corps et ne pas laisser se dégrader une petite blessure qui peut engendrer une compensation sur d’autres parties du corps. D’ailleurs, c’est fou mais maintenant je connais vraiment bien mon anatomie, j’ai beaucoup lu sur pleins de sujets pour me faire mon opinion.

 

  • Ne pas s’éparpiller. Ce qui a causé ma « chute » est d’avoir enchainé des courses complètement diverses et variées. Je me trouvais en forme pour tout faire. Non, nous ne pouvons pas tout faire, il faut savoir faire des choix. A l’heure d’aujourd’hui, la mode est au sport et aux courses en tout genre, si on le souhaite nous pouvons même en faire 2 par semaine. J’ai appris une chose très importante : notre corps a besoin de phases, celle de la prépa, celle de la course et celle de la récupération. Si nous ne laissons pas à notre petit corps le temps de récupérer pour la prochaine échéance, le pauvre il craque à un moment donné… Si nous avons envie d’enchainer plusieurs courses, il faut savoir se dire « ok j’en fais plusieurs d’affilé, mais la deuxième par exemple sera en mode entrainement, je ne la fais pas à fond.. ».

 

  • La patience : clairement ceux qui me connaissent, savent que je ne le suis vraiment pas. Alors oui, j’ai patienté, j’ai eu des gros coups de bas, mais j’ai réussi à me dire, que même si je ne pouvais pas participer à telle ou telle course, elle sera encore là l’année prochaine non ?! Cela je le dois aussi à mes proches qui ont vraiment été des soutiens dans les moments difficiles.

 

  • Beaucoup plus m’étirer : c’est quelque chose que l’on néglige en tant que coureur, mais qui est au final super important. Avant, grâce à la danse, j’étais très souple, je me suis complètement raidie avec le course à pied. Maintenant j’ai retrouvé un peu de souplesse en m’étirant 2-3 fois par semaine, espacé de mes entrainements.

 

  • A ne rien faire. Nous avons beaucoup de mal, en tant que sportif, à se poser vraiment.

 

 

J’ai grandi sportivement, mentalement et physiquement. Contrairement à ce que l’on peut croire, nous ne perdons pas beaucoup de notre niveau (c’était ma grosse inquiétude). Au final, je suis revenue en pleine forme en février, en reprenant par la saison des cross (en allant même jusqu’aux demi-finales des championnats de France). Mon corps a eu le temps de récupérer, de se reposer et je l’ai entretenu en gardant une petite activité physique.

 

Ma seconde blessure

Je n’ai pas mis « deuxième » par prémonition, j’estime qu’on s’arrête à deux haha.

Comment est-ce arrivé ?

Cette blessure n’est pas du tout liée au sport (enfin un peu quand même car j’étais en vacances, et qui dit vacances pour moi, dit sport : randonnée à la Réunion en juin dernier).

Pour faire brève sur ma blessure, je suis tombée dans une crevasse et me suis pris un tronc d’arbre dans les côtes. J’avais mal mais pas au point de ne plus pouvoir marcher, je me suis dit que c’était sans doute plus de peur que de mal.

Nous avons rencontré un groupe qui m’ont rassurée en me disant que mes côtes n’étaient pas cassées sinon je ne pourrais pas marcher et me tordrais de douleur.

Pourtant elles étaient bien cassées (scanne à mon retour en France : deux côtes cassées), certains diront que c’est inconscient de marcher encore 2 jours avec des côtes cassées, d’autres diront que je suis courageuse, moi je dis juste que j’aime mon corps et même si je le fais souvent souffrir, il arrive à se laisser dicter par ma tête mais parfois il se rebelle, pour me dire stop, mais il savait que ma tête ne voulait pas abandonner alors il a été gentil et m’a laissée terminer…

Comment me suis-je guérie ?

En ne faisant rien ! Non ce n’est pas une blague, les côtes il y a juste à attendre… C’est très long à se consolider (environ 3 mois pour consolidation complète).

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balades en attendant de reprendre le sport

Il faut faire attention car si nous reprenons trop tôt elles risquent de se fissurer et entrainer des complications internes (au niveau des poumons notamment).

J’ai juste patienté (ce mot que je n’aime pas du tout) pendant 3 semaines, en m’appliquant un peu d’argile verte.

Egalement, on m’avait conseillé d’aller chez l’ostéopathe au bout d’un mois de fracture, une fois mes côtes en partie consolidées. Surtout que généralement en cas de chute, il peut y avoir d’autres déplacements. En l’occurrence, ma hanche s’était déplacée, engendrant une tension sur mon genou, en gros tout est lié ! Je n’y suis pas allée pour rien chez l’ostéopathe, surtout qu’effectivement à la fin de mes petits runs je ressentais une légère douleur au genou.

J’ai pu reprendre les entrainements progressivement au bout de 3 semaines, vraiment très très tranquille. Il fallait que je reste dans ma zone de confort donc sans faire travailler trop le cardio, comme par exemple en faisant des runs lents, sans faire de fractionné.

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Petit à petit, j’ai repris en intensité grâce aux séances de mon coach Victor, en retrouvant de bonnes sensations.

Qu’est ce que j’ai appris de tout cela ?

J’ai encore beaucoup réfléchi, ce n’est pas simple de gérer le « pas de sport », car contrairement à ma première blessure où je ne pouvais juste pas courir, là c’était zéro sport !! Quand je dis zéro c’est vraiment zéro (à part faire des balades haha), même le renforcement me faisait mal au début !

Je crois au destin et je pense clairement que ce break « forcé » était bénéfique pour mon corps, pour repartir plus forte, avec un plus grand projet en tête (j’en parlerai très prochainement).

Oui c’était dur parce que j’avais des courses de prévu en juillet (un semi marathon sur lequel je visais un podium et l’altriman M).

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au triathlon sans pouvoir y participer

Mais j’ai écouté ce corps qui a beaucoup donné ces derniers temps (entre la prépa l’half IronMan, la course et la grosse rando à la Réunion, je dois dire qu’il a été vraiment malmené) et qui m’a donné sans doute une belle leçon… Il m’a dit STOP à sa manière !

Au final, j’ai beaucoup mieux vécu cette seconde blessure, un peu comme une rupture amoureuse, la première fait très très mal, les autres presque pas…

Ce break m’a fait du bien, je n’ai presque pas eu de moment de bad (un peu mais rien comparé à la première fois), j’ai pu profiter de la vie autrement et c’était cool aussi.
Donc les breaks, nous avons du mal à les respecter à part lorsque c’est forcé mais je pense clairement qu’ils sont bénéfiques pour éviter les blessures ou fatigues musculaires…

Je sais aujourd’hui que je repars encore grandi, en ayant encore plus la niaque de m’entrainer pour des courses qui me tiennent vraiment à cœur…

 

Ma grosse découverte de l’année

IMG_6360Mon cousin, Vincent Cueff, que j’ai vu en avril dernier, a écrit un livre « supprimez rapidement vos douleurs par la technique des points trigger », de chez Jouvence.

Je dois dire que ces points Trigger sont révolutionnaires. En appuyant à des points bien déterminés sur mon corps, j’ai réussi à faire disparaitre mes douleurs et notamment celles aux genoux (syndrôme de l’essuie-glace) qui si j’en fais trop ont tendance à réapparaitre. Depuis plus rien.

Ce qui est top, est que nous pouvons nous manipuler nous même sans risque de se déplacer quoi que ce soit. Cela prend juste quelques minutes par jour et c’est ultra efficace.

Il avait même supprimé la sciatique de ma tante…

Bref, j’en suis fan !

2 réflexions sur “Le plus difficile à gérer : une blessure

  1. Ping : IronWomen ? Partie 6 – Gobynette

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