L’Altriman : toujours plus haut, toujours plus loin

« Les folies sont les choses que l’on ne regrette jamais ».  Slogan de l’Altriman, pour ne pas citer Oscar Wilde.

Comme dirait si bien ma mère pour me décrire : « ma fille est folle », alors forcément quand on a l’habitude de folies on aime se lancer dans de grandes folies. L’half Altriman était clairement une grande ? folie…

Je me suis inscrite, j’ai participé, je suis montée sur le podium et je n’ai à aucun moment regretté (bon peut être quand je me suis demandée pourquoi j’étais aussi folle dans ma tête).

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La mise en bouche :

Il n’est pas sans rappeler que l’année dernière je me suis cassée deux côtes sur le GR de la Réunion en juin. J’étais inscrite sur l’Altriman en M début juillet, du fait de cette blessure interdiction formelle d’y participer… Mais j’y suis quand même allée, pour encourager un ami, Paul Louis. Même si jouer la supportrice est plaisant, rester sur le bas-côté en regardant les autres courir (ou souffrir haha), c’est assez frustrant (oui j’aime bien courir ET souffrir !!). Alors je me suis faite la promesse d’y retourner l’année d’après, cette fois en forme, non pas sur le M, mais sur le L ! Je savais donc que c’était un parcours très difficile, mais également magique dans les montagnes.

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l’année dernière

Donc autant dire que ma motivation était au maximum.

Une autre motivation s’est greffée, 12 personnes de mon club (Pau triathlon) y allaient aussi (se répartissant sur les différents formats de la course, de XXL à S), comme on dit, plus on est de fous, plus on rit, et oui c’était un peu cela (départ en camion etc). Le seul de la team à s’élancer sur le XXL est Laurent, mon podologue sauveur (il se souviendra de mes nombreuses apparitions  dans son cabinet à 1 mois de l’IronMan à cause de douleurs sous les pieds apparues du fait d’un changement de baskets…) et qui est vraiment notre héros de l’Altriman (niveau folie, on est vraiment pas mal !!)

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Encore une autre motivation : cette course serait ma « dernière » (mince en mettant des guillemets, quand ma mère va me lire, elle va penser que j’ai encore une course de prévue cette année (ce qui est vrai, mais chuuut haha)) de la saison. Entre ma prépa IronMan de 8mois, l’IronMan, mon autre objectif il y a 1 mois et demi (bientôt vous saurez), et cette course, je commençais à être en saturation des entraînements… et clairement mon corps mérite un peu de « vacances ». Donc autant se donner à fond pour finir en beauté non ?

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L’entrainement rapidement

Et rapide, c’est le moins que l’on puisse dire ! Bon, tout est relatif, j’avais les restes de toute ma prépa d’hiver IronMan… En tout cas elle fût plutôt intense (en 5 semaines).

Je ne pensais pas pouvoir être prête en si peu de temps au niveau du vélo étant donné que j’avais arrêté pendant 3 semaines (pour mon autre objectif intermédiaire entre l’IronMan et l’Altriman) et finalement c’est vite revenu.

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col des Pyrénées : Aubisque

Globalement, je ne vais pas faire le détail de mes entrainements, il y a des articles complets sur l’entrainement sur le blog, mais j’ai fait le même genre de semaines type IronMan, en moins de volume (autour de 13h d’entrainements par semaine). Surtout, les deux dernières semaines ont été caniculaires, clairement faire des séances de piste quand il fait 35 degrés ce n’est pas facile. Mais mon coach m’avait prévenu « non on n’annule pas cette séance, tu verras tu me remercieras quand tu souffriras de la chaleur sur l’Altriman », et je l’ai remercié intérieurement !

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Intense également car les 3 dernières semaines avant la course, beaucoup beaucoup de boulot. D’habitude la semaine avant une grosse course qui m’importe je trépigne d’impatience, mes jambes n’en peuvent plus de ne rien faire (comme c’est semaine relâche) et j’ai qu’une chose en tête la course ! La semaine d’avant Altri, pas du tout la tête à cela, pas le temps de stresser, pas le temps de penser, j’ai fait que bosser (d’ailleurs même si j’avais voulu m’entraîner ça aurait été compliqué). C’est seulement le vendredi, veille de course, que mon cerveau s’est dit « ah tiens demain j’ai un half », 1900 de natation,  100km vélo (dont 2500mD+) et un semi marathon (avec 400 D+) (enfin juste). Je crois que j’ai jamais autant été détachée d’une course, c’est sans doute mieux, j’y allais vraiment sereine… et je crois que je ne réalisais pas du tout !! Du coup j’y allais reposée physiquement, bon pas vraiment intellectuellement, mais je savais que cette pression de la semaine et cette course allait me permettre de tout lâcher !

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Rentrons dans le vif du sujet !!

L’Half Altriman !!!!

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Vue de notre Chalet, veille de course

Réveil 6h20, franchement comparé à d’autres courses, ce n’était pas trop tôt, mais quasiment la même heure que lorsque j’ai audience. Petit plaisir de se réveiller avec face à soi le lac et de voir les Altriman passer devant le chalet en nageant (ils étaient dans l’eau depuis déjà 5h30 du mat, et bien je me suis dit que j’avais de la chance), grosse pensée pour lolo !!

Donc petit déj, smecta (la base maintenant), préparation tout ça tout ça.

Nous sommes partis en camion avec Marianne, Thomas et Sam (mes super supporters de la journée), et Geoffrey qui faisait aussi le L.

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ça ne sert à rien d’être en avance, il faut toujours attendre…

Au parc à vélo, nous retrouvons Vincent et Alexis, deux autres du club. Préparation des affaires, à force je commence à être rodée. Je ne sais jamais si je dois mettre la crème solaire avant ou après la crème anti frottement, à chaque fois je me pose la question et à chaque fois je ressors sans réponse. On ne commet plus les mêmes erreurs non plus, car à la fin de l’IM j’avais une cheville ensanglantée, toute irritée à cause de la puce cheville que l’on porte toute la course, cette fois je n’ai pas oublié de me mettre de la nok.

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Bref c’est assez bizarre, car je crois que je ne réalisais pas du tout que je m’élançais sur un L, peut être aussi que comparé à l’IronMan d’il y a 4 mois les distances me paraissaient plus relatives et ne me faisaient plus du tout peur, oui peut être.

La partie natation : 1900m

Arrivée à côté du lac, comme d’habitude 500 personnes font pipis en même temps dans le lac, de quoi le réchauffer encore plus ! Alors cette fois, suite à mon problème de bonnet lors de l’IronMan (cf il n’arrêtait pas de glisser), j’ai opté pour le style « je laisse mes nattes à l’air libre », enfin plutôt barboter dans l’eau. Je me suis dit qu’au pire si elles me gênent je pourrais toujours « m’arrêter » en plein milieu du lac pour les mettre dans le bonnet (bon sans doute pas la meilleure idée du siècle). Encouragements de la team avant de me jeter dans l’eau pour m’échauffer quelques mètres.

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échauffement

Juste avant le départ nous avons fait une minute de silence en l’honneur d’un triathlète qui aurait dû être là aujourd’hui mais qui s’est fait renverser par une voiture en vélo il y a une semaine… Pendant une minute j’ai pensé aux personnes décédées qui me sont chères, mais aussi à mes proches…

1, 2, 3 GOOOOOOOOO

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Maintenant, j’appréhende de moins en moins de nager avec autant de monde dans l’eau (faut pas pousser non plus je ne suis pas encore au stade de me mettre en plein milieu de la foule hein !).

Comme tout le monde, je me suis élancée, bim, un coup par ci, un autre coup par-là, et va y qu’au bout d’une minute je me prends un bon gros coup de poing dans la lèvre (heureusement que j’ai fait un peu de boxe pour riposter, nooon je rigole !!). Autant dire que j’étais directe dans le bain, ah non dans le sang !! Cela ne m’a pas perturbé plus que cela, j’ai continué à nager, j’ai même doublé (ce qui m’arrive hum jamais !!). J’ai arrêté d’avoir le goût de sang dans la bouche donc je me suis dit que ma lèvre ne devait pas avoir grand-chose !

Le flux de personnes ne s’est jamais fluidifié, mais j’ai pu correctement poser ma nage. J’ai trouvé que je suis arrivée assez rapidement à la première bouée, déjà 900m de fait.

A un moment sur le retour, j’ai pensé à PL, qui m’avait dit « pense à regarder autour de toi, car nager dans ce lac c’est magnifique ». Effectivement ça l’était, des montagnes tout autour du lac, la luminosité du matin… J’ai apprécié ce moment, même si j’avais hâte de sortir de l’eau. La fin approchait je voyais de plus en plus nettement la plage et les gens.

 

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le lendemain, sans le monde !

Franchement, c’est la première fois que je sors de l’eau contente de moi, je n’ai jamais nagé aussi vite !! En 36 minutes pour 1900m. Et vous savez quoi, je n’ai pas eu besoin de m’arrêter 10 fois pour remettre mon bonnet à cause de mes cheveux, donc la technique de laisser mes nattes pendouiller était parfaite !

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En sortant gros smile de voir mes potes m’encourager !! Thomas m’a dit que je sortais 15ème féminine…

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Une assez longue transition avec des cailloux et terre, je me suis fait la réflexion de bien penser à m’essuyer les pieds pour ne pas avoir des frottements ensuite pendant la course à pied.

Pendant la transition, j’ai remis un petit coup de crème solaire sur mes épaules car je savais qu’on allait cuire…

Puis hop c’était parti pour 100km de vélo…

Le Vélo : 100km (2500 D+)

Mes potes étaient là, à la sortie de la zone vélo, cela m’a fait trop plaisir de les voir !!

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Aparté n°1 : Geoffrey m’avait préparé un petit papier (mes anti-sèches), qu’il m’avait mis sur mes prolongateurs, avec le profil de la course et donc les 5 cols… Ce mec, niveau organisation, est un pro, tu lui demandes un truc, il a tout !! (même une perforeuse oui oui).

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Aparté numéro 2 : la veille en arrivant en voiture nous avons fait un col : le col de Paihiere, qu’on se le dise, absolument magnifique. Qu’on se le dise aussi : absolument difficile !! Je l’avoue quand je m’inscris à une course, je ne regarde pas tout en détail, et même la veille je ne connaissais pas exactement le nom des 5 cols, en gros je savais que ça montait beaucoup et qu’il y avait 2500 D+. Bref le matin avant de partir Vincent m’annonce qu’on a ce col dans notre parcours et que c’est le 4eme…. AHHHHHHH !!! (contrairement à ceux qui font l’Altriman XXL, on ne monte pas jusqu’en haut, juste les 7km (sur 10km de col) c’est déjà pas mal !! Voilà, au moins j’étais préparée mentalement, ou pas !

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Allez les 100km commençaient… Sans transition, le premier col. Nous avions de la chance, il n’était pas encore trop au soleil. Franchement col plutôt facile, sans grande difficulté. C’est en fait deux montées en une. 4,5km, une mini descente et un tout petit peu de plat, puis de nouveau la montée d’environ 2,5km (col de la llooooose, c’est vrai il s’appelle vraiment comme cela haha, ok avec un peu moins de oooo).

Alors j’ai remarqué, dans les Pyrénées comme dans le Béarn, une technique plutôt intéressante pour rénover les routes, qui consiste à mettre des petits gravillons sur la route !! (vraiment bizarre cette technique, on ne fait pas cela en Bretagne). Bref, cela vous donne l’idée de l’état de la route dans ce col de la llose (ouais c’était un peu la loose, bon j’arrête avec ma blague pas drôle) !! (et pas que dans ce col d’ailleurs !!).

A un moment, j’ai doublé mon homonyme, donc je fais une petite blague sur notre prénom, bon il n’a pas compris vu qu’il était espagnol (la looose) !! Mais il a quand même rigolé et a compris pourquoi je lui parlais quand il a vu mon prénom sur le dossard ! Pas longtemps après il m’a redoublée.

En tout cas ce qui m’a fait plaisir est que je me suis fait pas mal doubler (non pas que ça me fasse plaisir de me faire doubler) par des mecs qui m’ont semblé forts, ce qui voulait dire que j’avais fait une bonne natation et que j’étais sortie pas trop mal au général. En gros j’ai doublé mais je me suis fait doubler aussi. D’ailleurs à ce moment-là j’avais déjà doublé 2 filles.

le parcours vélo

En haut du col, j’ai mangé en descente, pas super pratique mais comme le parcours fait que monter et descendre pas trop le choix. Oups, j’avais fait un petit embouteillage de mecs qui voulaient me doubler parce que je n’avançais pas !! D’un coup, 5 fusées me doublent !!

J’ai quand même fait attention dans les descentes car comme je l’ai dit, route gravillonneuse, avec des trous, très étroite avec de nombreux virages, et la route n’était pas fermée à la circulation (il n’y avait pratiquement pas de voitures tout de même).

Arrivée en bas de la vallée, grosse chaleur, il devait être même pas 10h, et pouah dur dur, on était vraiment dans une cuvette.

Cela tombait bien, on allait remonter…

Donc sans transition, direct le deuxième col (Col de Creu, effectivement on était vraiment dans un Creu !) : 7,5km de montée. Je l’ai trouvé magnifique, plus on montait, plus on avait une vue incroyable sur la vallée et les montagnes environnantes… Bon plus on montait, plus il faisait chaud aussi, car pas du tout d’ombre. Pareil que précédemment, une mini route complétement défoncée, avec des cailloux (beaucoup de personnes à l’arrêt car crevaisons), avec des bons gros murs à fort pourcentage… J’étais toujours bien, bonne cadence, j’ai quand même repensé à ce que m’avait dit mon coach « tu vas voir ça va être long et tu as un semi derrière, donc surtout préserves toi avec une bonne gestion et gardes en bien sous les jambes pour bien courir… ».

Point important également : qui dit chaud, dit hydratation, alors j’ai énormément bu pendant toute la course. Je savais aussi qu’avec la chaleur, j’aurais moins faim, donc je me suis clairement forcée à manger toutes les 30min (car impératif pour moi qui n’ai pas de réserve).

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Sur la dernière partie du col, qui n’était vraiment pas simple, Rémi, un mec de mon club m’a doublée en me narguant un peu ! « T’inquiète je te doublerai sur la course à pied » (ce n’était pas du conditionnel, mais vraiment du futur, je me suis dit  dans ma tête que j’allais le doubler, ce n’était pas négociable haha).

Petite descente pour relâcher les jambes. 2 cols sur les 5 !

Arrivée à Matemale, au 32eme km, premier ravito. En prenant le bidon, je l’ai fait tomber, j’ai donc dû m’arrêter rapidement pour le rechercher. Ensuite, grosse surprise, je ne pensais pas que mes potes viendraient sur la partie vélo, mais ils étaient là un peu plus loin, sur une partie plate. Trop contente de les voir vers le 35eme km (d’ailleurs j’étais en train de manger en les voyant). Thomas m’a arrosée (cela me fait penser que j’ai oublié de me venger, oui la veille en m’endormant, il est venu m’arroser dans ma chambre haha), en tout cas cette fois, cela m’a fait du bien.

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Un plat plutôt descendant, j’avançais bien, puis une longue descente à l’ombre. Une très belle descente d’ailleurs, ça ressemblait un peu à chez mon père, dans le Vercors. Je m’améliore en descente, car j’ai quand même doubler quelques mecs ! (j’en ai profité pour faire pipi sur mon vélo aussi, chut !!)

En bas, on avait perdu de l’altitude, quasiment zéro ! 55km, déjà 2h de vélo, donc il devait être autour de 11h30, vraiment énorme chaleur, entre 35 et 40 degrés je pense.

Pareil sans transition, on se retrouvait de nouveau dans le 3ème col (Carcanière) : pas long, environ 4km, mais à 9% de moyenne, encore une fois route défoncée avec des trous partout !!

Autant dire que vu la chaleur, je vidais un de mes bidons sur moi… L’eau commençait à être chaude donc pas vraiment rafraichissant

Ce col a été difficile, sous un cagnard monstrueux, c’est la que l’on commence à y laisser des plumes. Je voyais pas mal de gens qui flanchaient. Je savais que le deuxième ravito n’était pas loin donc j’ai continué à vider mes bidons sur moi !! On est passé dans un village sur les hauteurs, trop mignon (les gens la bas doivent avoir de sacrés cuisses à force de monter et descendre , oui je me fais ce genre de réflexion pendant que je roule !)

Toute petite descente, puis de nouveau la montée. Arrivée à Mijanes, village ravito, donc je me suis rechargée en eau, et je me suis remise de la flotte sur moi. C’est à partir de là que commençait le 4ème col (celui qu’on avait fait en descente en voiture !!!!), le col de Paihiere : 7km à 8,5% de moyenne…. C’est vraiment le col que j’ai trouvé le plus difficile, j’ai eu un énorme coup de chaud.

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il m’a donné légèrement mal à la tête ce col

J’ai bien vu que je n’étais pas la seule à souffrir car j’ai doublé des mecs qui m’avaient doublée au tout début du vélo, dont dont le nom de dossard de certains  m’avait fait rire intérieurement « kikinou » (oui faut bien s’occuper à vélo, en lisant le nom sur les dossards !!). Il faut dire que l’on entamait ce col avec déjà plus de 65km et 3 cols dans les pattes !

Franchement, j’ai eu envie d’enlever mes chaussures tellement mes pieds cuisaient à l’intérieur, énorme surchauffe des pieds. Pour vous dire que je n’exagère pas niveau chaleur, j’ai un bracelet, que je n’enlève jamais, avec une perle, le contour pour la maintenir a fondu et s’est déformé…

Bref, le mental a pris le dessus sur la souffrance, j’ai pensé à Laurent, notre warrior, qui lui faisait le double de moi (200km), en passant plus de 11h sur sa selle, alors clairement je n’avais pas le droit de me plaindre de quoi que ce soit. J’ai gardé mon rythme, même s’il était faible. Ce col nous le faisons en aller-retour, du coup j’ai vu les premières féminines sur la descente, j’ai compté (oui oui cela m’a occupé), j’étais 10ème, cela aussi m’a motivée.

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et je souriais beaucoup moins…

Soulagement d’arriver en haut !! J’ai mangé tout un sandwich pendant la descente (mes pains au lait saumon ou dinde) + un bout de barre. Pendant la montée j’avais aussi mangé un bout de barre car je savais qu’il ne fallait vraiment pas que je néglige l’alimentation…

Arrivée en bas, recharge d’eau, c’était le dernier ravito au 74ème km, le prochain serait en course à pied…

Il restait donc 26km… Dit comme cela, ce n’est pas beaucoup… En vrai ils ont été très longs !!

Une descente très légère… Puis devinez quoi ??? Bah un col (oui oui encore !!!) !! Le dernier : 6km à 6%.

Au bout de 2km un mec qui avait dû voir que j’avais un papier du parcours me demande, on arrive en haut dans combien de km ? Je lui réponds au 82ème km. Sauf qu’il y avait un décalage, entre ce qui était mentionné sur mon papier et la réalité. En théorie, sur le papier, nous devions arriver 1km plus loin au sommet, or, il restait 3km… (le mec est un copain d’un mec de mon club, il est venu me remercier à la fin haha). Oui mentalement ce n’était pas facile. Quand on voit le pourcentage par rapport aux autres cols, c’est le plus facile, pourtant je crois que je ne suis jamais allée aussi lentement (9Km/h), cela prouve bien que mes jambes n’avançaient vraiment plus du tout. J’ai demandé à des gens sur la route « quand est ce qu’on arrive ? » (j’ai pensé à Marianne, elle comprendra !!). Ouais j’étais vraiment désespérée, à chaque virage je pensais que c’était la fin, mais non !!

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photo en entrainement dans les Pyrénées

L’arrivée en haut m’a fait le plus grand bien, sauf qu’à ce moment-là j’ai commencé à avoir mal au ventre, la même douleur que j’ai eu sur l’IronMan. A mon avis, je me suis stressée dans ce col, en me demandant si j’allais être capable de courir, alors que mes jambes me lâchaient. Comme je sais ce que j’ai eu (diaphragme bloqué à cause du stress), dans une mini descente presque plate, après ce col, j’ai fait des exercices de respiration, en me massant le haut du ventre. Un mec en me doublant, m’a demandé si j’allais bien, j’ai répondu que oui, mais début de mal de ventre. Au final il est resté avec moi, il m’a dit que j’avançais super bien (euh… pas dans ce col en tout cas haha).

En gros, il restait 15km, faux plat montant, vent de face de malade, avec le mec, nous n’avancions vraiment pas du tout, mais alors pas du tout !!! Vraiment plus de jambes et les pieds en surchauffe de folie ! Mais ça m’a fait du bien d’être avec lui, on a rigolé un peu, discuté aussi et ma douleur est partie progressivement, ça a dû me déstresser. A un moment il a rigolé  quand j’ai demandé « au fait c’est 99km ou 100km ? ». « C’est pareil non ? c’est très long !! ». « Bah non à ce niveau-là, 1km c’est déjà beaucoup !! ». Ouais ouais on voit vraiment que j’en avais marre d’être posée sur ma selle. Il était genre 13h30, mon eau était chaude, et je comptais les kms…

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Je l’ai lâchée sur la fin, car la niaque de finir en moins de 5h m’a donné de la motivation et surtout j’étais méga impatiente de courir !!!!! Enfin, j’espérais que les jambes tiennent !

Au final, c’était ni 99km, ni 100km mais 100,80km… Et en 4h51…

Je suis arrivée au parc à vélo rincée (et brulante aussi haha), et je me suis fait la réflexion qu’il n’y avait pas encore trop de vélo, donc finalement je n’avais pas fait un truc trop mal. (J’étais 251ème à ce moment-là).

Mon gourde laissée dans ma partie pour boire à la transition était bouillante, mais vraiment bouillante. Vous savez que j’aime boire de l’eau chaude, mais à ce moment, elle ne m’a pas vraiment fait de bien… Je me suis aussi mis de la crème solaire à fond (faut pas oublier que je suis bretonne, on n’a pas l’habitude de trop de soleil !!!)

Le semi Marathon : le kiff ?

En sortant du parc à vélo, gros bonheur, je vois Marianne, Thomas et Sam, cela m’a fait tellement du bien de les voir. Les encouragements sur ce type de course, c’est tellement important…

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Dans ma tête je me suis dit que ça allait être très dur !!

Beaucoup de personne m’ont encouragée également (il y avait du monde au niveau de l’arrivée). Tout de suite il y avait le ravito, je me suis littéralement versée une bouteille sur mon corps, et bu beaucoup. Mon coach m’avait dit pour l’IM : ton but ce sont les ravitos, aux ravitos tu prends le temps de boire et de te mettre de l’eau, entre les ravitos, tu ne t’arrêtes pas et tu ne marches pas. Voilà les ravitos ont été mes buts.

Je connaissais les 5 premiers km, car je les avais faits en marche rapide l’année d’avant (j’étais blessée comme déjà expliqué au début…), donc je savais que c’était un parcours trail dans la forêt (ouf de l’ombre, enfin cela n’empêchait pas qu’il faisait chaud !), ensuite traversée du barrage, sous une chaleur monstrueuse… (plus vite je courais plus vite ça serait passé !!). Je tiens à préciser que je faisais que doubler, au final, même si je pensais que je n’aurais plus de jambes, elles étaient bien là à courir à un plutôt bon rythme (4’30 – 4’45).

Au bout du barrage, ravito, pas pratique car il n’y avait pas de seau donc j’ai utilisé plein de verres en plastique (pas du tout écolo) pour me mettre sur la tête…

Et c’était reparti pour le sens inverse, bon au bout du barrage j’étais déjà sèche et j’avais la bouche asséchée…

De nouveau trail avec des racines, donc fallait faire attention à ne pas tomber car avec la fatigue on est moins attentif.

5km done (on repasse par l’arrivée). De nouveau ravito (c’est la même chose à chaque fois !!). Et surtout j’ai vu mes potes, qui m’ont donné une bonne dose de motivation !!

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A ce moment-là précisément, il me restait environ 15km du semi, j’ai repensé à un truc que mon coach m’a dit : « Gab, sur le semi tu mets ton cerveau en off, tu as les capacités de faire un truc bien et finir en beauté l’altriman ». A partir de là, j’ai arrêté de me dire que j’avais trop chaud, qu’en tant que bretonne je ne supportais pas la chaleur et j’ai pensé à une seule chose faire un semi pour lequel je serais fière, peu importe que je souffre. Et surtout je me suis dit « Gab, après cette course c’est fini c’est ta pause annuelle et tu sais qu’au bout de 2 jours t’en auras déjà marre de ne rien faire ». Alors oui c’était dur, oui il faisait 35 degrés, oui on était à 1800m d’altitude, mais je n’ai rien lâché, le mental n’empêche parfois ça peut vraiment être quelque chose. A partir de là j’étais en mode guerrière ! Je savais que j’étais déjà dans le top 10 féminin, ce qui était déjà incroyable. Alors j’ai couru (à fond, non je rigole !!) avec encore une partie trail plate. J’ai continué à faire que doubler (sur le semi, je vous jure je ne me suis pas fait une seule fois doubler, c’est ouf !).

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Dès que je voyais des filles au loin, c’était mon but de les rattraper, alors j’en ai doublé deux lorsque nous avons commencé à monter (partie encore trail, dans une plaine montante, mais côte pas trop pentue, plus un faux plat montant), je trottinais mais je ne voulais pas marcher

Waw il faisait chaud, le ravito se laissait désirer. A celui-ci, juste au début du village des Angles, il y avait carrément une bassine, le bonheur !!!

Peu de temps après, une montée raide et courte, j’ai marché. Beaucoup d’encouragements car pas mal de monde.

Ensuite nous étions dans les petites rues mignonnes du village et qui je vois au loin ??? Rémi, pote du club, celui qui m’avait doublée en vélo. Je vous avais dit que ce n’était pas du conditionnel, mais du futur, oui oui j’allais le doubler !!

A la fin de la course, il m’a dit « tu ne m’as pas juste doublé, tu m’as déposé sur place » !! Bon ok j’ai peut-être un peu accéléré en le doublant ! « En plus tu courrais dans la montée, pfff ».

A partir du moment où l’on arrive dans le centre des Angles, c’est la partie la plus difficile, montée raide de 4km, tout le monde marchait. A certains moment j’ai marché, mais je me ressaisissais en pensant à mon coach. Certains mecs, je trouve toujours cela trop drôle, quand je les doublais, s’accrochaient en recommençant à courir (sans doute l’égo de se faire doubler par une fille…). Et trop drôle sur la dernière longue ligne droite de la montée, je suis passée à côté de mon homonyme Gabriel, il m’a dit en espagnol que je courais très bien (oui oui je suis bilingue espagnol, il a vraiment dit cela ! ou alors pas du tout !!). Il a suivi un peu puis a recommencé à marcher (ce n’est pas un vrai Gabriel, haha je rigole !!). Certains qui descendaient en sens inverse encourageaient « ravito dans 600m ». 600m normalement c’est court, mais ça peut paraitre très long quand on court sous la chaleur, en montée sur bitume qui surchauffe…

_20190705 08 Gab

Ravitoooooo : il y avait même un jet d’eau !! Je suis repartie dégoulinante !!

Une descente, pas celle en sens inverse, car le parcours continuait… Dans ma tête je me suis dit, « ah ouais ce n’est pas fini les montées ? On va encore se taper une montée au retour ?? ».

Donc descente, j’ai bien relâché mes bras, j’encourageais ceux en sens inverse dans la montée qui marchaient..

Puis de nouveau une montée légère (plutôt un faux plat en comparaison de ce que l’on avait subi avant) pendant presque 1km !

En haut c’était le ravito final !! Ce qui voulait dire, qu’il restait plus que le trajet inverse (enfin tout est relatif, dans le « plus que », il restait 7,5km quoi !).

Moment très drôle, ils n’avaient pas de seau, alors j’ai chopé en speed une bouteille (pour éviter d’utiliser 1000 verres d’eau…), sauf que ce n’était pas une bouteille d’eau !! Trop tard je venais de me mettre sur tout le corps l’eau énergisante collante (ouais à ce moment-là je ne devais plus être bien lucide). Un bénévole m’a dit « vous allez attirer les mouches ». « Hum je crois que je les attire déjà »

Et c’était reparti !! Descente, puis remontée. Sur cette montée j’en ai profité pour sortir un gel, en marchant un peu, histoire que ça me booste pour la fin de la course. Le gel était méga chaud, donc encore moins bon que d’habitude.

En haut je me suis encore arrêtée au ravito pour l’eau et faire trempette !! C’est à ce moment-là que j’ai regardé ma montre et que je me suis dit « allez Gab, tu fais ce semi en -2H », alors je n’ai pas trainé !! Sur le retour, quand on croise ceux qui sont dans la montée finale, j’encourageais, car cela m’avait fait plaisir qu’on le fasse pour moi.

Après le dernier ravito, je n’ai rien lâché, je courais sans réfléchir, il restait plus que 3km, je savais que c’était la fin… Pendant qu’il montait , j’ai croisé le mec avec qui j’ai fait les derniers km à vélo, « ah d’accord tu cavales vraiment, tu m’as mis une de ces distances !! »

J’ai encore doublé une fille sur les deux derniers km plats trail. Il y avait de plus en plus de gens sur le parcours pour encourager, « allez bravo, vous êtes impressionnantes, il y a deux filles vraiment pas loin ». (effectivement la 5ème était à 2min et la 4ème à 4min de moi, c’était très serré).

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J’arrivais… Au loin je voyais cette ligne d’arrivée… Je crois que je n’ai pas réalisé sur le coup que cette course était finie… J’ai eu les larmes aux yeux… Franchement cette course fût la plus difficile que j’ai faite à ce jour (elle vient même avant l’IronMan). ET voilà je le faisais en -2h ce semi !!!

Conclusion :

Je peux le dire, je suis fière du parcours réalisé, fière d’avoir tenu, de n’avoir rien lâché, même si j’ai eu des énormes moments de faiblesses, de doutes, j’ai cru en moi tout du long… Je crois que c’est cela la clé, croire en soi, se dire dans sa tête que tout est possible.

D’ailleurs tout est possible non ? Car il y a deux ans je venais juste de faire mon premier triathlon, cette année je suis devenue IronWoman, puis Half Altriman (le full est réputée comme le plus dur triathlon au monde) je fais non seulement un top 10 féminin (déjà cela c’était un truc de ouf, inespéré, vu le niveau sur cette course), avec une belle place de 6ème  (et 3ème sénior), mais surtout un semi en 1h55, le premier temps de nana (et vu les conditions et le parcours c’est vraiment un bon chrono), en doublant quasiment 120 personnes sur cette partie.

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Un chrono en 7h31, je passe donc de 251ème après avoir posé le vélo, à 138ème, sachant que sur cette course il y a eu plus de 100 abandons…

Un immense bravo à Laurent, notre Warrior qui devient Altriman, c’est un truc de dingue ce qu’il a fait… J’ai beaucoup pensé à lui pendant la course et lorsqu’on l’a vu revenir des 200km vélo à 19h alors qu’il était dans l’eau le matin à 5H30 et qu’il lui restait un marathon, et quel marathon, deux fois notre semi, je suis impressionnée par son courage, sa ténacité, son mental à ne rien lâcher, en allant au bout de lui-même, ses filles ont un héros comme papa.

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Par contre, ça ne me donne pas du tout envie de me lancer la dedans, mais alors pas du tout !! En appelant ma maman le soir pour lui raconter : « maman si un jour je te dis que je veux faire l’Altriman en full, surtout tu me dis NON NON et NON, ok ? ». « Ma chérie, tu sais bien que je vais même te dire NON pour d’autres IronMan, par contre un bébé je dis OUI » hahahaha. « Mais maman, on me prend pour une nana de max 25 ans (et encore je suis gentille), je ne vais quand même pas faire un bébé aussi jeune ». « pfff »…

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Une réflexion sur “L’Altriman : toujours plus haut, toujours plus loin

  1. Je suis tombée sur ton article par hasard et du début à la fin je sentais mes jambes se crisper tellement je ressentais ce que tu vivais hahaha ! Ça donne envie de se dépasser comme tu l’as fait, pour le moment je n’ai pas ce courage là alors bravo 🙂

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