La traversée des Pyrénées par l’HRP : Partie 5 : De Eyne à Balnyus

Dans la continuité de l’année dernière et de l’année précédente, je repartais arpenter les Pyrénées, encore une fois par l’HRP et cette fois avec mon petit frère Titouan. Pour rappel, en 2019 : 9 jours de l’HRP de Pont d’Espagne au lac d’Oo (environ 165km, entre 12.000 et 13.000 de dénivelé positif). En 2020 : 6 jours et demi, de Vielha au Mont Calm, 124km, 8650m de dénivelé positif.

Le but étant de faire la traversée dans sa totalité par petites portions chaque année.

Je ne voulais pas repartir de l’Ariège, pour plusieurs raisons, notamment relisez la partie 4 de l’HRP haha et pour une raison pratique puisque je faisais une course à coté de Font Romeu quelques jours plus tôt.

Jour 1 – Dimanche 18 juillet 2021 – de Eyne au point de départ de la rando

Retrouvailles avec mon petit frère à Villefranche. Nous devions nous retrouver à Font Romeu mais il avait raté son train… Bref, j’ai pensé que c’était plus simple et plus drôle (peut-être pas pour lui) de faire du stop ! Commencer un périple rando sans stop ce n’est pas l’aventure, c’est trop simple…

Nous avons été pris par un randonneur très sympa qui  avait effectué les deux dernières étapes que nous allions entreprendre et qui revenait du Canigou. Pas question de laisser deux randonneurs sur la route !!!

2ème stop : un habitant de Pau (trop drôle) qui nous a conduits jusqu’au parking du départ, à Eyne.

Il était 18h et c’était parti pour notre périple sous un magnifique soleil ! Le Palois nous avait d’ailleurs indiqué que nous avions bien choisi notre semaine car il pleuvait depuis 1 mois et demi…

On voulait juste faire une petite marche histoire de s’éloigner un peu et de trouver un endroit calme pour planter la tente.

Mais plus nous avancions et moins nous trouvions l’endroit idéal. En fait, nous longions un ruisseau dans une forêt avec deux montagnes abruptes des deux côtés, le tout très caillouteux.

Nous montions progressivement en nous disant qu’il y aurait moins à faire le lendemain. Finalement, au bout d’une heure de recherche d’un coin à peu près plat, sans cailloux et bouses de vache… nous avons planté notre tente dans un endroit enchanté (belle lumière du soir sur les montagnes, le ruisseau…) pas tout à fait idéal quand même car de mon côté de l’ouverture de la tente (oui le luxe : double ouverture !) j’avais le nez sur une bouse de vache ! Toilette dans le ruisseau comme j’aime… les choses simples…

Dîner face aux montagnes majestueuses… Enfin qu’on se le dise, sans lunettes de vue, je peux tout imaginer, tout est beau… Qui est l’énorme boulette et qui a oublié ses lunettes ? Moi ! Le point positif ça me fait moins à porter… point négatif : une fois mes lentilles enlevées, je ne vois plus rien !!!

Dîner frugal car nous avions décidé de ne pas nous alourdir avec réchaud, vaisselle… en dînant en refuge sauf que là pas de refuge : juste des sandwichs et un reste de chips pour mon frère !

A 20h30 que fait-on ? Bah dodo !

Presque… A son grand désespoir, mon frère est devenu mon masseur pro pour me débloquer la nuque ! Mais il n’est pas très patient ! Il s’est bien fichu de moi en me regardant m’étirer. «Ah tu verras quand tu auras 10 ans de plus, tu repenseras à ce que te disais ta grande sœur, la vieille, un peu rouillée !» Ah la jeunesse !

Il a aussi bien rigolé «Mais tu écris un roman ? on a juste marché une heure !» Bon, il est peut-être temps d’arrêter le blabla… Bonne nuit !

Jour 2 – de Eyne 1900 m au refuge d’Ull ter (Espagne) 2200 m : 18 km / 1600 m D+ / 1500 m D-

Réveil à 8h30 !

Incroyable et heureusement qu’il y avait le réveil car nous aurions pu dormir encore longtemps ! Nous en avions besoin…

Rangement de la tente et 1er petit déjeuner : comme d’habitude les sandwichs beurre de cacahuète… miam miam… au calme. Efficacité au top car nous étions partis à 9h15.

Sauf qu’en fait il y a eu un incident pour changer...

En retraversant la rivière, j’ai vu Titou sauter comme un cabri et bizarrement je me suis sentie beaucoup moins à l’aise... et ça n’a pas loupé, je suis tombée dans la rivière en glissant sur une roche. Je barbotais dans 20cm d’eau ! Bon, je suis morte de rire en écrivant ces lignes et Titou aussi au moment de l’épisode mais j’étais un peu moins heureuse en sortant trempée de l’eau glacée ! Surtout que mon appareil photo avait bien pris la flotte, mon portable un peu et mon sac sur toute la partie inférieure. Pas terrible l’affaire… il a fallu que je change de chaussettes en remettant mes chaussures trempées… heureusement il faisait beau et même chaud ! Quand même commencer la rando et tomber dans l’eau au bout de quelques minutes, il faut le faire !

Et c’était parti pour une longue marche dans la vallée en suivant le ruisseau, magnifique avec du faux plat montant, en croisant des chevaux et petites marmottes.

Puis il fallait bien grimper sur les crêtes, alors belle montée progressive sous la chaleur pour arriver au col d’Eyne (2700 m). Il faisait chaud et j’étais presque sèche…

Ce fut ensuite une succession de pics autour de 2800/2900 m, juste superbes :

pic d’Eyne – 2800 m (petit détour par rapport au tracé de l’HRP)

pic de les Nou Fonts (2860 m) trop trop beau et vue franchement magnifique sur toutes les crêtes environnantes.

Pause dej et j’en ai profité pour étaler et laisser sécher toutes les affaires contenues dans mon sac.

Le duvet était bien mouillé, les vêtements… et mon appareil photo ne fonctionnait toujours pas. J’avais quand même bon espoir car j’avais vécu la même aventure l’an dernier oups !!!

Spectacle magique en mangeant nos sandwichs pain/fromage/saucisson (couteau pas très adapté).

Bonne pause mais il fallait bien repartir. Les affaires quasiment sèches sauf les chaussettes et chaussures pas très agréables à remettre.

– Descente, puis remontée sur le pic de Noucreus (2800 m)

En fait c’était une succession de montées et descentes pour rejoindre les nombreux pics.

– col 510 – une famille d’Isards : magique d’en voir, comme l’an dernier

pic Inferior de la Vache (2810 m) : pas une vache mais des petits lacs adorables.

Et c’était le dernier pic qui cassait bien les jambes.

Nous avons entamé une petite descente versant espagnol, superbe avec la roche calcaire, un chemin assez roulant (différent d’une descente abrupte) et nous avons réalisé que nous descendions pour mieux remonter ! pour changer…

Moment magique : de nouvelles familles d’Isards avec des bébés, un moment hors du temps où tout s’arrête… incroyable d’en voir autant en cette première journée.

Lors de la dernière montée, nous avons même vus des bébés marmottes avec leur maman : trop mignons…

Au dernier col (col de Marrane : 2535 m) nous avons discuté avec deux filles et un gars. C’était, pour les deux filles, le 43ème jour de randonnée par le GR10. Elles faisaient juste une partie par l’HRP. Faire cela d’une traite : grand respect.

De nouveau la magie d’une rencontre avec des Isards et de très près.

Ah, d’un coup, à 200m de la fin, ma cheville a tourné et craqué, j’ai eu un peu mal, j’ai espéré que ça aille…

Arrivée au refuge d’Ullter (2200 m), le gérant m’a indiqué que nous devions dormir dans le dortoir si nous voulions dîner (je le savais déjà car je les avais contactés). Je voulais juste que Titou négocie en espagnol mais soi-disant il ne parle pas espagnol ! la blague, il est bilingue… j’ai donc baragouiné en espagnol.

Nous avons découvert un endroit pour planter la tente. Nous avions l’embarras du choix mais, attention, pas trop proches des chevaux !

Douche… dans la cascade/rivière, bien agréable malgré la fraîcheur de l’eau !

Comme le gérant nous avait finalement dit que nous pouvions manger mais qu’allait-il nous préparer ?

Pour Titou : sandwich/omelette (oui oui ça existe) et pour moi un sandwich tomate/jambon cru/fromage, des sandwichs énormes, à l’espagnol jamais vu des tailles pareilles…

Tout est bon quand on a faim et c’était le cas après cette 1ère belle journée.

En dessert : un brownie attrape crétin que nous mangeons en montagne mais sincèrement pas bon…

Et il n’était même pas 19h !!!

Petite séance d’étirements et pour Titou aussi : je l’ai converti et il m’a même demandé de lui masser la nuque et pas de problème pour la réciprocité !

Voilà nous sommes dans la tente et les chevaux ont fait un boucan, ce qui nous a pas dérangé pour nous endormir, claqués après cette journée !

Jour 3 – Refuge d’Ull Ter (2200 m) au refuge Mairailles (1700 m) : 24 km – 600 m D+ / 1000 D-

Réveil à 8h00 sous un grand soleil, très bon sommeil sauf que… ma cheville avait bien enflé… j’étais dégoutée. Je suis sortie de la tente, ça va je n’avais pas trop mal.

Petit déj au soleil, rangement, etc… et bandage de la cheville pour qu’elle soit bien maintenue dans mes chaussures.

Petite descente avec cailloux, pas très agréable, puis une route pour rejoindre le chemin, avec une belle montée qui s’est faite assez facilement car progresse.

Arrivée au col : 2500 m d’altitude

Grandes étendues à perte de vue. Nous avancions bien et nous avions une longue route à faire comme ça avec la traversée de différents plateaux. C’est très lunaire et calcaire.

Au fur et à mesure de notre avancée, les nuages se sont formés (pas ceux que j’aime dans le sud, petits beaux mignons, mais des gros bien noirs).

C’est drôle car ils s’arrêtaient presque à la frontière espagnole mais en se retournant on s’apercevait qu’il y avait des orages là où nous étions quelques heures auparavant.

Un endroit m’a fait penser au «Seigneur des Anneaux» avec les grands pics rocheux. Titou m’a dit «pas du tout» et il a sûrement raison car je n’ai jamais regardé le «Seigneur des Anneaux» ! lol

Nous avons déjeuné vers 13h en speed car le ciel était de plus en plus noir et nous avons repris notre périple sur un chemin plutôt plat et caillouteux. La végétation avait changé, beaucoup d’arbustes et nous avons croisé quelques troupeaux de chevaux.

Le ciel s’est éclairci mais soudain il a commencé à pleuvoir. Le temps de sortir les KWays et c’était terminé. Il faisait bien noir et l’orage grondait au loin.

A un moment, un troupeau de chevaux a déboulé sur notre chemin. Titou est passé sans problème et j’ai fait un détour car j’ai trouvé qu’un cheval se rapprochait un peu trop de Titou quand il est passé. Il faut rester prudent en montagne car leur réaction est imprévisible, et avec mes expériences, surtout celle de l’année dernière, je ne m’approche plus des animaux !!!

Petite péripétie mais encore avec un chien, décidemment, je suis coutumière du fait !

Nous avons aperçu un troupeau de moutons plus loin sur le chemin et entendu un chien qui aboyait. Mon frère, tout aussi méfiant des chiens que moi et ayant eu récemment une expérience malheureuse, m’a proposé un détour pour éviter le troupeau. Évidement, j’étais d’accord ! Juste à ce moment là un brouillard très dense s’est abattu sur nous, nous plongeant dans une ambiance mystique. Je scrutais sans arrêt autour de moi à l’affût d’un chien…

Petite pose après la montée pour consulter le GPS et nous apercevoir que nous avions bien dévié du chemin. Le brouillard s’est alors estompé et nous avons vu le Patou, le troupeau et la falaise à côté de nous. Du coup, pour rejoindre le chemin, il fallait passer à ras du troupeau !

En gros, nous revenions quasiment au point de départ, autant dire que notre stratégie de contournement n’avait pas vraiment fonctionnée !

Le Patou nous regardait, nous le regardions sans oser avancer… heureusement le troupeau s’est éloigné et nous avons pu longer la «mini» falaise, en nous cachant. Arrivés sur le chemin, le Patou et le troupeau étaient encore là… nous nous sommes de nouveau éloignés mais, cette fois, plus de brouillard.

Le Patou n’a pas essayé de s’approcher de nous tant que nous restions à bonne distance du troupeau.

Ah, nous nous souviendrons du Plat Guilhem (et petite pensée pour mon chéri) !

Puis nous avons entamé une longue descente, pas facile pour ma cheville car les pierres étaient mouillées et donc glissantes.

Nous sommes arrivés au refuge de Mariailles vers 16h15 et nous y avons retrouvé les 3 randonneurs de la veille (cf les 2 filles qui font la traversée), le refuge est au pied du pic du Canigou !

Il a fallu remonter pour pouvoir planter notre tente dans un endroit réservé aux tentes, «très plat» d’après la gérante du refuge… mais entre les bouses de vaches et les bosses, le choix de l’emplacement était très limité…

J’avoue que j’ai même eu la flemme d’effectuer un aller-retour à pétaouchnoc du refuge pour prendre ma douche. Quand j’étais sous l’eau glacée, je n’ai pas regretté une seule seconde haha !

Remonter à la tente, ranger puis redescendre pour un bon dîner de refuge, convivial et bien copieux parfait après cette grosse journée riche en émotions…

Nous avons même pris deux desserts… la base !!!

Durant notre dîner, l’orage s’est enfin abattu. Nous avons juste eu le temps de remonter nous mettre à l’abri et bim des grêlons.

Nous nous sentions bien sous la tente, en écoutant la pluie tomber et l’orage gronder au loin…

Jour 4 – Refuge de Mariailles (1700 m ) au refuge de Batère (1500 m) avec pic du Canigou (2784 m) : 26 km – 1600 D+ – 1500 D-

Après une nuit agitée (merci le plat de l’emplacement de la tente et merci la grosse bosse dans le dos) réveil à 6h30… ça pique car nous n’avions pas vraiment bien dormi, je roulais sans arrêt sur Titou.

Petit dej au refuge et en discutant avec le gérant de notre parcours, il m’a indiqué un chemin pour rejoindre (ou couper, on reviendra sur cela plus tard) Batère plus rapidement et qui ne figurait pas sur la carte…

Départ à 8h30 (déjà plus tôt que les jours précédents) même si nous étions sans doute les derniers à partir…

Du coup, nous avons rattrapé pas mal de randonneurs. Un panneau indiquait 4 h pour le Canigou, je vous laisse imaginer que nous n’avons pas mis 4 h.

Montée progressive, au début dans une forêt puis un peu plus raide au soleil. Nous avons pu recharger nos gourdes car la source suivante est très loin avant le sommet.

Au niveau de Portella de Vallmarya (2590 m) nous avons laissé nos sacs avec l’impression de voler, tant nous nous sentions légers !

La dernière partie de la montée consiste à passer par une cheminée pas compliqué du tout même pour moi qui souffre un peu du vertige.

Au sommet, vent de folie ! Un bel aperçu de notre parcours durant les deux premiers jours et demi, ouf ça faisait déjà pas mal !

J’avoue avoir un peu saoulé Titou avec mes photos ! Depuis que mon appareil photo ne fonctionnait plus (il ne s’est jamais rallumé) c’est-à-dire depuis les 5 premières minutes de la rando, je prenais beaucoup moins de photos qu’avant car moins le réflexe avec mon Iphone. Du coup j’ai sans doute un peu abusé au sommet…

Descente sur les fesses et les mains, d’ailleurs, en aparté, ma cheville ne me faisait quasiment plus souffrir mais bandage quand même le matin.

A notre grand bonheur, nous avons retrouvé nos sacs ! Personne ne les avait récupérés pour les amener à notre destination du jour… Dommage haha

Au col, nous avons entamé la descente indiquée par le gérant du refuge, en suivant le balisage bleu.

Pose pique-nique et spectacle magnifique face à une famille d’Isards. On ne s’en lassait pas…

Puis nous avons continué notre descente. Je précise qu’il ne faut pas suivre cet itinéraire par mauvais temps (pluie ou brouillard) car déjà par beau temps nous avons bien galéré pour trouver le balisage. C’est une descente free style sur 1000 m de D- d’abord dans des Gispets puis des cailloux et enfin des arbustes.

Le gérant du refuge devait avoir confiance dans notre côté aventuriers car parfois c’était un peu le bordel, surtout à la fin, dans les ronces, orties, branchages… mais on a bien kiffé ce chemin et bien rigolé même quand j’ai marché dans une bouse de vache (ça porte chance haha).

Quel soulagement de retrouver le chemin qui, du coup, nous a semblé bien facile et nous avons certainement gagné une heure, en évitant de passer par les Cortalets.

Puis, ce fut long, très long…un long chemin plat en forêt car on a suivi le GR10 pendant au moins 2 heures !

A un moment, nous sommes un peu descendus et il faisait bien lourd et bien humide.

La végétation avait d’ailleurs bien changé, très verdoyante, avec passage de mini-cascades.

Puis nous sommes remontés, encore une montée mais limite je préférais cela au plat !

Passage du col de la Cirera (1750 m) et, comme son nom l’indique, c’était très ocre, un peu cuivré et avec une belle vue sur la vallée.

Découverte de brebis dans un grotte, assez improbable quand même !

Nous avons encore descendu et, à la fin, j’avoue que j’en avais plein les pieds et bien marre.

Passage dans les ruines de Batère et ENFIN le refuge !

Le gérant m’a vue arriver un peu fatiguée (très légèrement…) et quand nous lui avons raconté notre périple il a dit «ah oui quand même, je comprends votre état» !

Il était 17h30 et nous avions fait une belle étape !

La flemme de monter la tente mais pas vraiment le choix…

Miracle du jour : en enlevant le bandage ma cheville avait désenflé… trop contente !

N’empêche, avoir fait la grande descente sans chemin et sans douleur, c’est que forcément elle allait mieux !

Puis très bon dîner et autre miracle : pas de soupe en entrée !

On a rencontré deux randonneurs qui faisaient le GR10 en 22 jours ! ça envoie

Jour 5 – de Batère (1500 m) – Amélie les Bains (200 m) – Las Ilas (550 m) 32 km – 1400 m D+ – 2000 M D- : Double étape

Grosse journée ! Voilà comment nous pouvons la résumer.

Le petit dej au refuge très copieux pour prendre des forces pour cette journée de folie.

Départ le plus tôt depuis le début de notre rando, nous nous améliorions !

En même temps, c’était nécessaire car on enchaînait 2 étapes.

Petite descente puis montée sur une piste très facile pour arriver à la Tour de Batère avec une belle vue sur la vallée et les montagnes alentours.

Et c’était parti pour une longue descente…au début sur une piste donc moins intéressant puis une descente bien raide dans les ronces !

On sentait que l’HRP n’est pas très fréquenté et, à part un Isard, personne sur cette étape et 2 randonneurs sur l’autre ! C’est ouf, tout le monde emprunte le GR10 !

Passage par les ruines des mines de Formanter remarquables.

Puis, sous la chaleur, une succession de descentes sur pistes et petits chemins très raides. J’en ai profité pour raconter mes histoires d’amour à mon petit frère et lui donner mes conseils, du coup c’est passé vite (bon peut être moins pour lui !!)

Mon topo disait 5h sur cette étape, nous sommes arrivés à Amélie les Bains à 11h15, en 3 heures.

Cagnard de folie à Amélie ! une véritable fournaise… Nous avons appris que c’était la canicule partout en France ! Ah bon, vous êtes surs ?? Ca ne se ressentait quasiment pas haha

Recharge en eau, traversée du bourg, ça faisait d’ailleurs bizarre de retrouver la civilisation, puis, vers 11h45, nous avons entamé la seconde étape de la journée !

Heureusement, nous étions en forêt car il faisait vraiment chaud dans la montée…

Nous avions quand même un bon rythme, bien que totalement liquéfiés sur place. Mon short dégoulinait comme si j’avais sauté dans une piscine.

Vers 12h30, nous avons trouvé un coin sympa, à l’ombre, pour déjeuner et terminer le saucisson ! Nous avions de moins en moins de nourriture…

Puis, c’est devenu plus compliqué, il faisait de plus en plus chaud, notre réserve d’eau diminuait à vue d’oeil et la montée n’en finissait pas… chaque pas nous demandait un énorme effort et nous avions l’impression d’être dans un four.

Plus nous montions moins il y avait d’air alors que nous pensions aller vers un peu de fraîcheur. Heureusement la vue était superbe sur les crêtes, le Canigou et les forêts environnantes.

Passage par une propriété privée (Lan Felix). Comment font ses habitants pour arriver chez eux ? Ils ne doivent pas souvent descendre au village haha.

On n’en voyait pas la fin, par moment c’était du plat puis on redescendait (à notre grand bonheur car on savait qu’il faudrait remonter).

Nous avons finalement décidé d’éviter Roc de France et de bifurquer vers le GR (1350 m d’altitude).

Nous étions toujours dans la forêt peuplée de grands et beaux arbres et il faisait moins chaud.

Hélas, nous n’avions plus d’eau… J’avais tellement soif que j’aurais pu avaler une fontaine ! On a réussi à repérer une source sur la carte : cap sur l’objectif.

Passage au col Puits de la Neige (1250 m) à la frontière franco-espagnole et ça y est, nous descendions en Espagne.

Une petite descente rapide et enfin la source à Las Salinas (1100 m). J’ai littéralement avalé la fontaine haha ! Nous avons bu pendant quelques minutes : le bonheur !

La montée nous avait tellement épuisés que nous avons mangé une barre (2 snickers dans la même journée signifiaient l’intensité de cette dernière…)

Nous avons continué notre descente et passé dans un endroit superbe avec des rochers et un grand lac dans le lointain.

Nous nous sommes posés et plus envie de repartir tellement il faisait chaud et nous en avions vraiment plein les pattes !

Il ne restait plus qu’une petite portion et nous avons accéléré le rythme dans la descente.

Nous savions que nous arrivions à Las Ilas très rapidement mais nous avons été surpris d’un coup par de ce village, en plein milieu de nulle part… et vraiment très beau.

Nous avons revu la star locale qui était à Batère la veille, entourée de bénévoles, sponsors… (du coup j’ai commencé à l’appeler la star) complètement sidérés que nous soyons déjà arrivés et aussi tôt (avant 18h). Eh oui, nous n’avions pas traîné… la star n’est pas la seule à faire deux étapes haha et, en plus, nous avions nos gros sacs…Au dîner, nous avons dit à un des randonneurs que nous étions partis tôt le matin, à 8h15. Il a rigolé car pour lui c’est très tard. Lol.

Montage de la tente à l’endroit camping/randonneur et enfin nous avons vu des gens… Mais où étaient-ils pendant la journée ? Apparemment, ils viennent juste pour camper. lol..

Douche froide… j’en avais tellement rêvé pendant la montée et encore elle n’était pas assez froide…

Dîner au resto : très bon et copieux avec un Ice-tea et des glaçons (j’en avais aussi rêvé durant la montée…). C’est là que nous avons discuté avec les accompagnateurs de la star (bon ce n’est pas vraiment une star…) et l’un d’entre eux ne croyait pas que j’avais 31 ans… je fais plus jeune apparemment (ah bon ??!!). En dessert, un excellent brownie, pas comme l’attrape crétin du 1er soir…

Nous nous sommes posés, il faisait encore très chaud à 21h30 et relou, les gens qui ne viennent que pour camper faisaient un boucan pas possible !

Jour 6 – de Las Ilas (550 m) à Cabane de Tagnarède (1050 m) : 26 km – 1400 D+ – 600 D-

Encore une belle étape

Réveil à 7h15, pas très bien dormi, trop de bruits et d’aboiements…

Petit dej : retour des sandwichs beurre de cacahuète, ça faisait longtemps…

Toujours très matinaux haha, nous avons décollé vers 8h30 et il faisait déjà bien chaud…

Une partie pas très intéressante car sur une piste sans vue. C’était vraiment marcher pour marcher. A la fin, une descente progressive sous une grosse chaleur.

Nous sommes passés par des ruines impressionnantes et le fort de Bellegrade.

Bon, nous nous sommes un peu trompés car, au lieu de prendre un petit chemin, nous avons suivi la route qui montait et en plein cagnard. La chaleur nous faisait perdre la tête et je me disais que l’après-midi risquait d’être hard…

Arrivés à la Perthes (200 m) une chaleur à crever, du monde, de la route… j’avais vraiment besoin de me poser car j’avais pris un coup de chaud.

Pause dans une boulangerie qui ne payait pas de mine mais nous avons eu droit à un vrai festin ! Les sandwichs étaient géants… pourtant nous n’étions pas en Espagne enfin presque, en Andorre (cf le 1er soir)

C’était reparti pour une montée assez raide dans la fougère, ma passion haha, c’est de famille car Titou aime aussi et il a bien repéré le goût de noisettes ! Papa nous a bien éduqué sur la fougère !!!

Passage par un endroit où a eu lieu un incendie, ça sentait encore le brûlé.

Nous avons marché jusqu’au col de l’Ullat (900 m) où il y a un restaurant. Franchement, j’avais juste envie de me poser et ne plus bouger. C’est un peu ce que nous avons fait car nous avons bu de l’eau fraîche pendant 10 minutes, vraiment quand je dis qu’il faisait chaud, il faisait vraiment chaud.

C’était compliqué de repartir. Cette journée était éprouvante mentalement et physiquement comme j’avais du mal à avancer. Et ce n’était pas une petite étape.

Nous avons repris la route par la montée et, en atteignant le pic de Neulos (1250 m) une vue splendide sur toutes les montagnes, avec une belle luminosité. Le Canigou nous paraissait bien loin… et quel vent de folie !

Mais surtout la mer au loin ! Une vue pas très dégagée car brume de chaleur mais quand même c’était cool de voir la Méditerranée et la fin de notre périple approchait…

Petite pause, je me sentais lessivée…

Puis descente par une pente raide et sablonneuse.

Arrivés au niveau de la Fontaine, j’ai suggéré que nous trouvions un endroit pour dormir assez rapidement pour avoir aussi accès à de l’eau. Il était 18h30 et je ne pouvais plus avancer, pourtant je n’étais pas au bout de mes surprises !

Montage de la tente (on connaît) dans le vent et hop en allant à la fontaine nous sommes tombés nez à nez avec des vaches qui avaient «envahi» notre campement.

Nous n’étions pas rassurés du tout. Titou téléphonait à notre père «mais c’est gentil les vaches», sûrement mais nous étions des intrus sur leur territoire et elles entendaient bien nous faire déguerpir… Franchement, nous avons un peu flippé…

Nous avons replié la tente sans demander notre reste. C’était quand même bien relou mais au bout de 5 jours nous étions plus rapide que l’éclair pour démonter la tente, même dans le vent.

Un moment très cocasse a suivi : je voulais absolument me laver surtout après cette grosse journée de chaleur et de poussière. Du coup, je me suis déshabillée au milieu des vaches et j’ai pris une «douche» grâce aux gourdes et pas possible d’accéder à la fontaine car une vache s’y désaltérait (quand je dis que nous étions sur leur propriété).

Bref, je me suis rhabillée, remis mes chaussettes sales et les chaussures de rando dont mes pieds ne voulaient plus… et nous avons repris la route. Chaque pas était difficile comme si mon corps disait stop et qu’il ne voulait plus avancer même pour 10 minutes.

Nous avons replanté la tente au niveau de la cabane de Tagnadère (1045 m) à environ 10 minutes. Il y avait des bouses de vache mais pas de vaches !

Finalement il était 20h30 lorsque nous avons enfin pu dîner.

Festin ce soir pour la dernière soirée : pain (acheté à la boulangerie) et thon (il faut bien finir les restes) et, en guise de dessert, les céréales que mon frère prend au petit déjeuner. C’était vraiment la fin (ou la faim !!)

Nous avons entendu des clochettes de vaches mais en contre-bas. Elles se dirigeaient vers notre campement d’origine.

Beau coucher de soleil et hop, à 21h30, je dormais comme un bébé !

Jour 7 – de Tagnadère (1045 m) à Banyuls la mer ! : 20 km – 1300 m D+ – 1300 m D-

Réveil vers 7h30 après une bonne nuit de sommeil et pas de vaches aux alentours !

Dernier petit dej de sandwichs beurre de cacahuète, un peu secs après 7 jours…

Du brouillard et j’ai même mis ma doudoune, il faisait frais et ça faisait du bien ! Mais ça n’a pas duré bien sûr haha.

Pour notre dernier jour, nous n’étions pas très matinaux car départ à 9h15. Il faut dire que le soin des pieds (talc, bandages…) prenait un peu de temps.

Hop départ (le panneau indiquait 7h mais on sait bien qu’il ne faut pas trop s’y fier).

Descente continue facile, c’est ouf comme le corps est incroyable. La veille je n’arrivais plus à avancer et là je me sentais presque fraîche ! Je dis bien fraîche car j’avais quand même 5 jours dans les jambes haha.

Petite montée facile pour arriver à un premier col.

Ensuite une succession de descentes puis petites remontées et, fabuleux, tout à coup une magnifique vue sur la mer !

Franchement, c’est là que l’on a réalisé que la rando se terminait bientôt, l’arrivée était proche et on a parcouru un long chemin pour en arriver là.

Bien sûr, je n’ai pas fait tout d’une traite en commençant à Hendaye mais voir la mer m’a procuré une grande émotion.

Nous avancions à bonne allure, c’était bien roulant et contrairement aux autres jours, on ressentait moins la chaleur.

Passage au pic de Salfort (970 m) et un arrêt obligé pour admirer le paysage, et quelques photos ! Nous avons enlevé nos sacs pour nous rendre au Pic (pas bien loin) et j’avoue que c’est toujours cool de se délester de quelques kilos !! On volait !!

Nous avons repris notre descente (bien raide dans la caillasse) avec un arrêt à une source puis dernier pique-nique. Il ne restait d’ailleurs plus grand chose et seulement 2 snickers mais je n’en ai mangé qu’un. En fait, à 12h30, je n’avais plus très faim à cause de la chaleur difficilement supportable mais plutôt soif d’eau glacée (j’en rêvais).

C’était parti pour la descente, toujours bien raide. Il fallait bien descendre au niveau de la mer et jusque-là nous avions quand même peu descendu. Quelle chaleur !

Passage au col de Gascons où passe une route.

Repos à l’ombre quelques minutes et des mecs nous ont abordés : «vous venez d’où» « de loin».

« Voyez les gars vous avez fait 200 m et vous êtes au bout de votre vie… alors qu’elle porte l’équivalent de son poids sur son dos (faut pas exagérer non plus) et elle a fait beaucoup de kms donc motivez-vous pour monter à la Tour. »

Je leur ai conseillé d’aller au pic de Salfort en leur montrant sur la carte : ils m’ont regardée comme si j’étais une alien haha peut-être d’ailleurs compte-tenu de ma dégaine.

Reprise de la descente dans les vignes en escaliers avec la magnifique vue sur mer.

A la fin, mes pieds surchauffaient tellement il faisait chaud mais la destination était vraiment proche.

Enfin arrivés à Banyuls bien avant l’heure indiquée sur le panneau, en 4h30 haha.

La première chose que nous avons faite en arrivant ? Nous baigner !

Le bonheur comme si tout le corps pouvait se relâcher…

Puis stop (ma grande passion !!) pour Collioure où nous avons récupéré.

Conclusion

6 jours – 145 km – 7000 D+ – 6900D-

6 jours incroyables de déconnection totale, de liberté, d’insouciance, de paysages de ouf , de covid très très loin, de réflexions, de prises de conscience.

La fin d’année 2020 avait été plutôt rude et j’appréhendais de revenir dans les Pyrénées mais j’avais peut-être aussi besoin de me réconcilier avec les Pyrénées.

Et je me suis rendue compte que j’étais contente d’être là, de profiter pleinement de la vie que je mérite, du bonheur aujourd’hui retrouvé.

Comme dans la vie, en rando chaque pas compte. On regarde devant soi et on laisse le passé derrière même si regarder dans le rétroviseur nous permet de constater tout le chemin déjà parcouru.

C’est cela qui rend la vie aussi belle et merveilleuse.

Pour terminer, ces 6 jours avec mon petit frère ont vraiment été beaux. Même si 12 ans nous séparent et ayant reçu des éducations à l’opposé l’un de l’autre, notre père, nous a transmis la passion du sport, du partage et du dépassement de soi. Des valeurs qui nous sont chères. Des moments comme ceux-ci, juste tous les deux, nous n’avions jamais eu l’occasion d’en partager. Il a eu 20 ans quelques jours plus tard et cela m’a rappelé mes 20 ans lorsque papa m’avait amené faire le Dôme des Ecrins et l’ascension du Mont Blanc… Il m’a un peu rappelé la jeune Gabrielle, celle pas très sure d’elle qui avait tellement d’expériences à vivre pour devenir une femme accomplie.

Et surtout à quand un périple similaire tous les 4 ?

Une réflexion sur “La traversée des Pyrénées par l’HRP : Partie 5 : De Eyne à Balnyus

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