IronWomen ? Partie 7 : Difficultés rencontrées

LES DIFFICULTES RENCONTREES

Article co-écrit par Bleuette&Gobynette

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S’entrainer des heures et de heures par semaine pendant des mois et des mois pour un seul jour dans l’année : l’IronMan. Tous ces entrainements ont-ils été faciles ? Comment avons-nous vécu ces mois d’entrainements ? Évidemment vous verrez que nous n’avons pas du tout le même ressenti puisque l’une s’est entrainée en hiver et l’autre en été…

Les difficultés de Gobynette :

Par Gobynette

Ma plus grosse difficulté : l’hiver

Ma plus grosse difficulté et je la connaissais avant même de m’inscrire à cet IronMan c’est l’hiver. De nombreux copains m’avaient prévenue « tu es folle, tu te rends compte que les mois les plus chargés en terme d’entrainement seront en décembre-janvier, soit les mois les plus durs de l’année pour s’entrainer ». Je le savais et j’ai dit oui.

Je peux le dire aujourd’hui en écrivant ces lignes alors qu’il fait -2 degrés dehors, que je suis rentrée de vélo tout à l’heure congelée (oui j’ai pris un bain depuis histoire de retrouver l’usage de mes mains), que c’est dur et je le dis haut et fort : plus jamais (ok il ne faut jamais dire jamais !) je choisis un IronMan en mars (à part si je vis moi-même de l’autre côté de l’hémisphère) !! C’est vrai que cet IronMan je le fais aussi parce que Marion vit en Nouvelle Zélande et que c’était l’occasion de faire un voyage un peu fou toutes les deux, de se retrouver et bien évidemment de réaliser notre premier IronMan ensemble. J’avoue que pour un premier je n’ai pas choisi la facilité (pourquoi je ne fais jamais comme tout le monde ? en choisissant Nice ou Vichy en été, sérieux … ou alors je n’aime pas faire comme tout le monde ? ou alors je suis déjà prête pour le Norseman haha ?).

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tout est une question de style

Pourquoi l’hiver c’est compliqué ?? Alors là je peux vous en donner des raisons ! Je vais vous en citer quelques-unes mais dans ces difficultés, je tiens aussi à retenir, que j’ai beaucoup appris sur moi-même…

Alors les principales :

  • Le vélo en hiver: ça tient du mental certains jours… car devoir mettre toutes ces couches de vêtements, les gants tout ça tout cela, et revenir de 4h-5h de vélo frigorifiée, je vous le dis il faut être un peu maso dans sa tête ! Je crois que j’ai appris dans ma vie depuis toute petite à éviter de me plaindre et à y aller coûte que coûte même si j’en ai pas envie, alors oui j’y allais. Dans ce genre de moment, il faut aussi faire abstraction du froid et se contenter les plaisirs de rouler : regarder le paysage (et franchement ici je ne m’en lasse pas avec les Pyrénées face à moi). Parfois quand c’est dur, je repense à toutes les autres situations où j’ai eu froid et en fait j’en ai eu beaucoup, alors on relativise (j’allais bien courir sous -10 degrés quand je vivais au Canada !). Et quand c’est vraiment vraiment dur, je me visualise marchant sur le GR20 avec mes pieds verts (le truc le plus difficile que j’ai fait dans ma vie), et je me dis qu’avoir froid en fait ce n’est pas grand-chose. Voilà mes super astuces pour se motiver dans le froid !! Après ce n’était pas non plus insurmontable et quand on est dans la sortie au final « ça va ».

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  • Les journées très courtes: forcément s’entrainer en hiver c’est la nuit à 17h-17h30. Alors évidemment les sorties vélo à la sortie du taff, on oublie et on monte sur son Home Trainer. Aussi c’est plus difficile de sortir de son lit le matin pour aller à la piscine avant d’aller au boulot… Pareil pour la course à pied, les sorties longues c’est le week-end, et il ne faut pas partir trop tard pour éviter de rentrer dans la nuit. Au final je me suis beaucoup entrainée de nuit (en course à pied) parce que parfois je n’avais pas le choix. Une journée courte veut aussi dire qu’on ne peut pas se permettre de partir trop tard le matin si on a une sortie longue à vélo enchainée avec course à pied (et commencer trop tôt le vélo, ça pique aussi, cf le froid !)
  • C’est sûr que c’est moins motivant de sortir courir quand il fait froid et qu’il pleut plutôt que lorsqu’il fait chaud et beau. Après en tant que bonne Bretonne, courir sous la pluie ne me dérange pas trop, même j’aime plutôt bien (oui je suis folle). Enfin la fois où j’ai fait 31km sous la pluie et dans le vent, et que c’était la première fois que je courais autant, perso, j’aurais pu m’en passer de ces conditions difficiles !!

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J’ai envie de dire, on peut résonner de la même manière si on s’entraine sous la canicule, ce n’est pas forcément agréable. Donc l’hiver n’a pas été la période la plus agréable pour m’entraîner, mais je m’y suis habituée, en étant toujours motivée, je n’ai jamais perdu cette motivation qui est à mon sens ce qui m’a permis d’avancer, enfin devons-nous plutôt dire rouler, courir ou nager !!

Par ailleurs, depuis toute petite l’hiver j’ai tendance à maigrir avec le froid en dépensant plus de calories. Alors, j’ai bien fait attention de manger en plus grosse quantité (notamment avant une grosse sortie vélo ou pendant l’entrainement vélo). En effet chacun est différent, je me connais bien maintenant, je sais que j’ai besoin de pas mal manger sur le vélo car j’élimine énormément.

En conclusion, même si l’hiver a été rude, je retiendrais deux choses :

  • Plus l’entrainement est difficile, plus la course sera facile ?! Cela l’avenir me le dira. Mais je sais que dans ma tête tout ce que j’ai fait de dur pendant ces derniers mois, me permettent d’appréhender beaucoup plus sereinement l’IronMan, comme si j’avais déjà vaincue la difficulté… C’est peut-être bête de dire cela, mais toutes les fois où je suis sortie rouler ou courir, dans le froid, sous la pluie, dans le vent, franchement ça forge le caractère
  • Le plus important : j’ai pris conscience que je suis capable de beaucoup de choses… Ces entrainements m’ont beaucoup appris sur moi-même, ils resteront gravé dans ma tête et me serviront dans ma vie future

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Les sacrifices

Il ne faut pas se leurrer, préparer un IronMan c’est faire des sacrifices.

A mon sens il ne faut pas que les sacrifices prennent le dessus, sinon ce n’est plus des sacrifices mais des contraintes et on risque de ne pas prendre de plaisir à s’entrainer. Personnellement, oui il y a eu quelques sacrifices à faire, mais face au plaisir de m’entrainer ou de me visualiser en Nouvelle Zélande, ces sacrifices se sont complètements atténués.

Quels sont ces petits sacrifices ?

  • Le fait de ne pas aller chez mon père dans les Alpes cet hiver. Depuis que j’ai 4ans, je vais à la Montagne au moins 2-3 fois pendant l’hiver, à la fois je profite de ma famille et je pratique le ski (principalement ski de fond maintenant). Cette année j’ai fait le choix de ne pas y aller, d’une part car le week-end je ne peux pas me permettre de ne pas rouler (car la semaine du fait de mon travail, je n’ai pas la possibilité de rattraper mes sorties longues), et d’autre part car partir sur un seul week-end c’est compliqué niveau logistique de Pau. Pour combler ce manque de ski, j’ai dit à mon coach que je voulais 4 jours de break autour du nouvel an pour partir avec mon copain dans les Pyrénées et faire du ski. Bon manque de bol, pas de neige dans les Pyrénées, donc devinez quoi ? Nous avons roulé !! Comme quoi la neige c’était pas pour moi cette année ! C’est un petit sacrifice car pour moi ne pas voir mon père, frère et sœur pendant de nombreux mois me manque beaucoup. Après je ne vais pas me plaindre hein, je prends 3 semaines de vacances en Nouvelle Zélande en plein hiver haha !

 

  • Ne pas être disponible. Je m’explique. S’entraîner deux fois par jour c’est par exemple tout le temps dire non à « tu viens déjeuner avec nous ? », ou « tu viens boire un verre ? » car pas le temps le midi car souvent piscine ou je bosse pas mal pour partir plus tôt et le soir forcément on est un peu (voir beaucoup) fatigué ! J’ai quand même fait au mieux pour ne pas me couper, car c’est important aussi d’avoir une autre vie que le sport, et j’arrivais à voir des copines le soir de temps en temps. Le Week-end, même si je m’entraine, je vois mon copain (bon il s’entraine avec moi aussi, c’est plus pratique !), et on arrive à profiter sans que le sport soit omniprésent. Ma vie est complètement différente de celle de Paris, où je sortais beaucoup plus, mais je trouve qu’ici et aussi du fait de mon vieil âge (oui oui !!), j’aspire à autre chose que de sortir. D’ailleurs entre sortir et faire du sport je pense qu’il faut choisir car c’est quand même bien compliqué de tout concilier (enfin avec un IronMan). Même si cela peut paraître un sacrifice d’avoir une moins grande vie sociale, je dois dire que cela ne m’a pas trop embêté et puis n’oublions pas que j’avais quand même un jour off de sport dans la semaine haha !!

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Autres

J’englobe dans autres les difficultés qui au final ne le sont pas tellement comme par exemple:

  • L’organisation entre le boulot et le sport: ma vie professionnelle est importante, j’ai un travail prenant avec de grosses responsabilités, j’aime mon métier, et je ne voulais pas que mon travail en pâtisse par rapport au sport. Alors oui, cela n’a pas été simple tous les jours, surtout les jours d’audience où je ne pouvais pas doubler les entraînements, mais on s’est adapté avec mon coach. Mes grosses charges ont principalement été mises le week-end et la semaine je réussis à tout allier. J’ai de la chance de pouvoir travailler pas mal de chez moi (au moins deux jours par semaine) ce qui me fait aussi gagner beaucoup de temps et me permet d’être nettement plus efficace dans mon travail. Au début, il a fallu trouver un rythme, mais cette difficulté de l’organisation a été vite oubliée. J’aime savoir ce que j’ai de programmé dans ma semaine, ce qui me permet de m’organiser.
  • La charge d’entrainement. Vous vous demandez comment on gère cette charge intensive de sport par semaine au niveau du corps. Là je dois dire que je suis assez surprise, puisque mon corps gère plutôt bien. Il m’arrive comme tout le monde d’être fatiguée, mais généralement c’est plus parce que j’ai mal dormi une nuit, pas parce que je me suis trop entraînée. Je pense que mon coach a vraiment géré tout mon programme comme un chef, car je ne ressens pas de douleurs physiques Il a su m’écouter, me conseiller, pour que la semaine d’entrainement soit la plus adaptée possible. Victor, mon coach, m’a dit un jour « tu sais tu progresses sans t’en rendre compte, ce qui prouve que l’entrainement est bon», et je pense qu’il a raison, j’ai progressé sans me fatiguer, dans une continuité, comme si c’était normal.
  • Mon accident de vélo. Bon ce n’est pas joyeux, mais j’ai eu tellement de chance ! J’ai pas eu grand-chose, juste quelques trucs déplacés qui ont été remis en place par une séance d’ostéo. C’est plus la peur en ville lorsque je suis sur mon vélo, maintenant cela va mieux… Difficulté surmontée , même si je continue d’être ultra vigilante !
  • La plus grande mais qui a été relevée haut la main: que mes parents (ma mère et mon beau-père, car d’après ma mère je suis aussi folle que mon père (pour moi c’est un compliment haha)) acceptent tout le sport que je fais. Ils ont compris que j’en ai besoin, que j’aime cela, que le sport fait parti de ma vie et contribue à me rendre heureuse. Pourquoi je sais que cette difficulté a été surmontée ? Car ils viennent m’encourager à l’autre bout du monde en Nouvelle Zélande sur cet IronMan, alors que ma mère n’est pas fan de l’avion… Une très belle preuve…
  • Et la dernière quand même : parcourir 10000km pour un IronMan (mais pas que évidemment !)

Les difficultés de Bleuette :

Par Bleuette

Quand j’ai quitté la France en août 2017 pour voyager, j’avais cette idée d’ironman en tête mais rien de concret car je ne savais pas de quoi demain serait fait et il fallait être sûr de m’installer quelque part pour débuter ma préparation. J’ai vadrouille en Asie pendant 1 mois et je suis arrivée en Nouvelle Zélande. Ce pays m’a de suite charmé et suite à des heureuses rencontres, j’ai pris la décision de m’installer et de tenter de devenir infirmière a l’international. J’ai emménagé sur Wellington et en août 2018, j’ai débuté les entrainements avec le club de triathlon. Je n’avais jamais fait de triathlon à proprement parlé et je sortais d’une préparation légère de marathon. M’étant blessée à vouloir trop en faire dans le passé, j’étais craintive de me lancer mais je me suis décidée. Je vous expose ici sans tabou mes difficultés rencontrées.

La natation

Ma préparation natation restera gravé dans ma mémoire. En nage, je ne partais de rien alors en eau libre, je ne vous raconte même pas. J’ai acheté tous les accessoires demandés par le prof et suivi minutieusement  le plan d’entrainement. J’ai réussi à dégager un créneau chaque jeudi matin pour assister aux cours du prof et puis l’hiver est passé. Les entrainements en eau libre ont débuté. L’eau était froide (pour moi) malgré la combi. Pendant 2 mois, je faisais un mélange étrange de crawl/brasse coulé, je ruminais des pensées négatives à chaque entrainements du style « j’y arriverais jamais » « je peux pas le faire cet IronMan à cause de cette foutue natation » et puis un miracle c’est produit un peu avant noël après 3 mois d’acharnement. La semaine qui précédait, on avait eu une compétition. de 1300m que j’avais fait en crawl/brasse coulé. Ce matin-là, ma pote m’avait proposé d’aller nager. Je lui ai dit de ne pas m’attendre car j’irais à mon rythme mais que c’était top de garder un œil sur l’un et l’autre. La mer était vraiment calme. Premiers battements, pas de problème de respiration, pas de peurs irrationnels. Trop cool, me dis-je en mois même.  Au final, 2000m de réalisés ce matin-là  2 jour plus tard et 3points de confiance gagné, je pars dans l’idée d’aller faire un aller-retour plage-phare (environ 3000m). Des potes sont là aussi et se proposent de m’attendre. « C’est gentil mais Je suis lente, ne m’attendais pas ». J’y vais tranquillou et je constate qu’ils m’attendent à chaque boue. Cela m’a surement rassuré et tout doucement je l’atteins ce phare! Sur mon chemin retour, je me dis en moi-même « tu n’es plus à 800m près donc fais là cette distance ironman pour te prouver que tu es capable ». Au final 3.8k réalisé en 1h43. Oui c’est lent mais pour moi c’est merveilleux.

Pour tout débutant et/ou lent nageur, phobique de l’eau libre qui lira ces lignes, je vous prie de croire en vous. Persévérez et vous vaincrez vos peurs!

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Les finances

Le triathlons est un sport couteux, surtout lorsque l’on démarre de 0. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir des prêts personnels financiers pour financer mon équipement. Ça a mis un peu de stress car J’ai dû m’adapter mais au final, J’ai été chanceuse. `

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L’équilibre entre le travail, l’apprentissage de l’anglais, ma vie sociale et les entrainements pour l’ironman

Je pense que pour tous, ceci est un gros challenge. Je pense avoir pas trop mal géré si ce n’est la partie sociale qui reste quand même dur dur.. c’est dur d’expliquer à l’entourage qui n’est pas du tout dans le même délire les concessions qu’impliquent un ironman alors je me suis adaptée et j’essaye de ne pas trop m’enfermée dans ma bulle sportive.

Les troubles du sommeil

J’ai toujours été une petite dormeuse et j’ai par périodes, des difficultés à avoir un sommeil suffisant. Depuis quelques mois, je dors vraiment peu, 6h par nuit en moyenne avec des réveils nocturnes et malgré tous mes efforts pour améliorer cela, ça se prolonge. Cela impacte forcement sur mon entrainement et mes performances mais bon, je me formalise pas, ça va redevenir normal, bientôt je l’espère.

Voilà un résumé de ce qui a pu et peut me poser problèmes pendant cette préparation de l’ironman mais  cela ne nous empêchera en aucun cas de le réussir.

 

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