Petit souvenir de l’ascension du Mont Blanc et du Dôme des Ecrins. Partie 1 : Les Ecrins

C’était en juin 2010, il y a 9 ans… (et oui cela ne nous rajeunit pas).

Un retour en arrière sur ces challenges incroyables qui nous ont permis de nous réconcilier avec mon père…

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Rappelez-vous, qu’avez-vous eu pour vos 20 ans ? De l’argent ? un énième sac ? des vêtements qui sont au fond d’une penderie (ou même depuis revendus sur vinted) ? Personnellement j’ai eu les plus beaux cadeaux qu’un père puisse faire à sa fille, d’une part me téléphoner après 2 ans de silence radio et d’autre part m’embarquer avec lui sur deux magnifiques sommets…

Alors on y retourne ?

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« Allo », « oui c’est papa », « ah », un peu sèche.

« Pour ton cadeau de tes 20 ans et que l’on ne s’est pas vu depuis presque 2 ans, j’ai l’idée que l’on se retrouve simplement au café du coin pour discuter » (ah non cela ne s’est pas passé comme cela, pour mon père le café du coin, c’est un sommet enneigé, oui nous n’avons pas tous la même conception du café !!). Pour des raisons personnelles, nous étions fâchés lui et moi et sincèrement je pense que cette idée de nous retrouver à travers un truc sportif, juste tous les deux, dans un cadre magique, était la meilleure du siècle. Cela nous a permis de laisser nos différends au placard, ou dans une falaise si l’on préfère, en retrouvant notre complicité perdue…

C’est reparti pour du sport (pour changer), des paysages de dingues, de l’émotion, de la joie, et me voir 9 ans plus tôt (on remarquera que l’on comprend pourquoi les gens pensent que j’ai toujours 20 ans, oui je n’ai pas changé haha) !

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L’organisation

Concrètement, nous avons de la chance en droit d’avoir plus de 3 mois de vacances (à part lorsque l’on va au rattrapage mais cela n’a jamais été le cas), donc en mai j’étais en vacances (la belle vie haha). J’étais en licence 3 de droit, et il fallait juste que j’organise la paperasse de mon année en Erasmus à Prague pour la rentrée prochaine, donc une fois terminé, j’étais sereine pour les vacances (et aussi bosser car l’argent ne tombe pas du ciel pour partir en voyage !).

Nous avons donc décidé que je vienne chez mon père (il vit dans le Vercors) pendant une dizaine de jours en juin (surtout que moins de touristes qu’en juillet-août)afin que nous ayons assez de temps par rapport aux créneaux météo.

Concernant ma préparation physique :

Alors à l’époque, il faut savoir que je n’étais pas aussi sportive que maintenant. J’ai toujours pratiqué le sport depuis toute petite mais pour des problèmes de santé, pendant ma licence 2 je n’avais pas le droit de faire du sport pendant un an. Du coup, l’année de mes 20 ans je reprenais progressivement le sport. Je dois dire que nous avons de la chance dans la famille, c’est-à-dire que nous avons un bon fond sportif, donc même en arrêtant le sport, cela revient très vite, et j’ai la chance d’avoir un très bon métabolisme.

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Dans mes souvenirs, mon père m’avait dit de faire des petits footings pour le cardio. J’étais inscrite en salle de sport, je faisais les cours collectifs qui donnent la pêche, sinon courir sur un tapis ce n’était pas trop mon truc. J’ai donc fait mes footings en extérieur (environ 2-3 fois par semaine pendant un mois), j’aimais bien courir (j’aime toujours plus que bien d’ailleurs). Dans la famille, j’ai toujours vu les hommes courir, mon père, mon oncle, mon grand-père (à 79 ans il faisait encore des semis marathons), courir était pour moi une autre façon de me rapprocher de mon père.

Donc voilà comment je me suis faiblement préparée, mais bon à 20 ans, on est jeune, on a la pêche, et comme je l’ai dit, j’étais une sportive dans l’âme !!

Concernant le matériel :

Alors, personnellement j’en avais quasiment pas. Par contre, mon père en tant que bon montagnard avait tout ! Il a l’habitude de faire de l’alpinisme, d’ailleurs il avait déjà fait plusieurs fois l’ascension du Mont Blanc. Il nous a toujours amenés en randonnées, en bivouac etc, à faire des sommets dans les alpes, mais c’était la première fois vraiment que je pratiquais l’alpinisme.

D’ailleurs, petite précision, nous avions pas de guide, logique, mon guide c’est mon père !

C’est donc lui qui a géré tout l’aspect matériel, notamment me trouver des chaussures d’alpinisme, piolet, crampons, baudrier etc. Moi j’ai juste suivi, en même temps c’était mon cadeau d’anniversaire, ce n’était pas à moi de l’organiser non ?!

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Il voulait, avant de s’attaquer au Mont Blanc, que je m’acclimate à l’altitude avec un premier sommet dans les Ecrins : le Dôme des Ecrins à 4000m d’altitude, juste un petit sommet haha.

La première marche d’approche : 3 jours dans les Ecrins

Nous sommes partis en voiture tôt un matin. Nous avons garé la voiture à un parking, à 1800m d’altitude. Et gooo c’était parti !!

Le 1er jour :

Le premier jour forcément nous avions pas mal de poids dans nos sacs (forcément mon père gentleman portait le plus lourd, corde et la nourriture), moi au final j’avais juste mes affaires pour le froid, les grosses chaussures de montagne, car nous commencions l’ascension en tee shirt baskets, et un peu de nourriture.

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Le début est une randonnée classique, il n’y avait pas encore de neige. C’était vraiment magnifique.

Rapidement, il a fallu mettre les grosses chaussures pour la neige, bien lourdes.

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Nous sommes arrivés à un premier refuge, je ne sais plus du tout comment il s’appelle (l’excuse que c’était il y a 9 ans quand même !!). On a fait une petite pause, puis nous sommes repartis.

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C’était vraiment de plus en plus beau, on en prenait plein les yeux, avec de la neige éternelle tout autour de nous !! Magique, d’autant plus qu’il n’y avait personne !!

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Dans l’après-midi nous sommes arrivés au second refuge, là encore je ne me souviens plus du nom (mon père en me lisant pourra peut-être me le dire). C’est le refuge le plus proche pour faire la Roche Faurio et le Dôme des Ecrins.

Le premier jour s’était déroulé niquel, même sans problème. Nous étions là tous les deux dans un paysage incroyable et vraiment j’étais contente d’être avec lui, c’était comme si les 2 ans étaient oubliés.

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Nous avons discuté avec d’autres personnes au refuge, j’adore ce genre d’ambiance, toujours très conviviale. Bon j’avais sans doute dû faire ma difficile pour le diner comme à l’époque je ne mangeais pas de viande (mais à vrai dire cela ne m’a pas marqué, donc cela veut dire que la nourriture n’était ni incroyable, ni dégueulasse).

Dodo très tôt avec des gens qui ronflent (merci les boules quies haha), car le lendemain levé très tôt (enfin je ne le savais pas encore mais finalement c’était le plus tard des réveils de ce  qui suivra les prochains jours !!)

2ème jour :

Réveil 5h, petit déj, préparation et hop départ à 6h au moment où la luminosité commençait à apparaitre… Je m’en souviens encore comme si c’était hier, mes yeux étaient tout simplement émerveillés. Nous étions seuls au monde, face au Dôme des Ecrins, et cette lumière rose qui luisait sur le Dôme

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Direction l’ascension de la Roche Faurio. La neige était dure, nous avions nos crampons et étions encordés tous les deux. Nous sommes arrivés au sommet, un 3750m, je n’étais encore jamais allée aussi haut. Tellement ouf !! Mon père aussi était content que j’y arrive sans problème et que je suive facilement. Cette vue, juste trop beau !!

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Posés au sommet, nous avons apprécié ce moment de calme, de sérénité et de beauté.

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Aussi simplement que nous étions montés, nous sommes redescendus. Descente à pic, c’est là qu’on ne dit que les crampons servent bien !

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Au final nous sommes arrivés tôt au refuge et quelle chance car juste en arrivant un énorme brouillard (on ne voyait pas à 2m) est apparu.

Nous en avons profité pour nous reposer.

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Au moment de déjeuner, le brouillard s’était complètement évaporé.

Petit moment drôle, mais sur le coup je n’ai pas du tout trouvé cela drôle !! Un hélico arrivait pour recharger en vive. La dame du refuge nous avait prévenus de bien ranger nos affaires car l’hélico allait engendrer beaucoup de vent. Nous étions dehors, en train de regarder l’hélico arriver. D’un coup, un plateau qui était sur une table a volé, et se dirigeait droit vers moi. Pour l’éviter j’ai tourné rapidement la tête. Sauf qu’il y avait un vent de folie, donc en tournant la tête mes lunettes de soleil ont aussi volé et sont allées s’écraser dans la falaise… J’étais vraiment bien dégoûtée, surtout que c’était mes aviateur (Ray ban) que ma mère m’avait offertes en cadeau de la réussite de mon bac… « Fallait pas faire ta Pin up en pleine montagne, ça t’apprendra », mon père… Je n’avais donc plus de lunettes de soleil, et ayant des yeux très clairs, avec le soleil, la neige et la réverbération, mes yeux allaient bruler. Heureusement, mon père avait amené des vrais lunettes de montagne, avec des œillères pour éviter au maximum la réverbération, que j’avais mises pour l’ascension du matin. Bon, elles n’étaient vraiment pas très belles, mais on s’en fiche d’être belle (comme dirait mon père, on n’est pas à un concours de mode en montagne, c’était certain vu mon style particulier !) dans ce genre de moment, l’important n’est-il pas la beauté du paysage ?!

J’ai vite oublié cette péripétie en me disant que tant pis je bosserai plus cet été pour m’offrir des nouvelles lunettes…

Le 3ème jour :

Un réveil encore plus tôt que la veille (4h), waw ça pique (heureusement qu’on se couche tôt en refuge !!).

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A 5h du matin, il faisait encore nuit noire. Une atmosphère étrange… Nous avions nos frontales mais forcément c’est difficile de voir le paysage, alors on se l’imagine comme dans un rêve. Puis vient le moment où le soleil se lève… A cet instant, cela vaut tous les réveils aux aurores du monde, et même si ça pique un peu sur le moment, on ne regrette pas un seul instant de s’être levée à 4h…

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Cette fois je n’avais pas de sac, car j’avais pu laisser le mien au refuge, mon père ayant les accessoires indispensables dans le sien.

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Une montée raide, donc nous l’avons prise en faisant des zigzags. Nous avons croisé seulement 3 personnes, juste extra d’être quasiment seuls.

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Petit passage avec un énorme trou (fonte des neiges), je n’imagine pas comment c’est à la fin de l’été du coup (et encore moins maintenant avec le réchauffement climatique).

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Je ne peux pas vous dire combien de temps cette ascension a duré, parce que le temps s’arrête… Nous n’avions plus de notion, seul le moment présent compte.

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Ca y est je faisais mon premier 4000m de ma vie (en l’occurrence le Dôme des Ecrins est à 4015m). Le sommet wahouuuuuuu, avec toutes les chaines des montagnes italiennes au loin… Je n’avais pas de mots, tellement c’était beau. Émerveillement total !!

En plus, à 4000m j’étais bien, pas du tout le mal des montagne, d’ailleurs je n’avais même pas vraiment ressenti de difficulté au niveau du cardio avec le manque d’oxygène en altitude. Agréablement surprise, cela était plutôt positif pour la suite avec le Mont Blanc.

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Le moment que j’aime le moins : la descente !! Parce qu’on avait quand même 2200m de dénivelé négatif pour atteindre le parking, parce que je commençais à avoir des ampoules au bout des pieds à cause des grosses chaussures (que bien évidemment je n’avais pas pu faire, mais rassurez-vous, les ampoules étaient gentilles comparé à ce que j’ai subi sur le GR20 hahah), parce que la descente fait travailler des muscles que l’on n’a pas forcément l’habitude de travailler (niveau montées j’étais prête mais pas vraiment pour les descentes) et enfin parce que nous n’avons plus la motivation de la montée en se disant « je veux atteindre ce sommet », là c’est pour terminer « ok je veux atteindre le parking » (ça fait moins rêver haha).

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pendant la descente

Alors à un moment, même s’il restait encore un peu de neige, j’ai troqué les grosses chaussures qui me faisaient un mal de chien contre mes baskets (le bonheur !!) !

A la fin on en avait marre de la descente qui n’en finissait pas et comme le chemin était bon, nous avons couru un peu !

La première marche approche était terminée et j’avais encore des papillons dans les yeux, par contre mes pieds commençaient à ne plus trop m’aimer… Allaient-ils continuer à m’aimer avec le Mont Blanc ?

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Qu’allons-nous faire pendant deux jours avant de repartir pour le plus grand sommet d’Europe ?? Faire la fête ? Faire du sport ? Euh noon repos et détente à la piscine !!! Surtout que j’avais des bonnes courbatures aux cuisses du fait de la descente ! Alors nous avons rechargé les batteries (et accessoirement nos sacs en bouffe)…

La suite au prochain Épisode !!

 

 

Une réflexion sur “Petit souvenir de l’ascension du Mont Blanc et du Dôme des Ecrins. Partie 1 : Les Ecrins

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